Les Strasbourgeois Vivien Knuchel et Emilie Kohler traduisent la poésie de Bousquet

01/07/2021

Tout comme le collectif Latéral de sécurité, la compagnie Fugue 31 ou la chanteuse Claire faravarjoo, ils sont les « locaux » de cette 4e édition de Démostratif. Rencontre avec les Strasbourgeois Vivien Knuchel et Emilie Kohler autour de leur création à peine éclose et encore en construction, Traduit du silence.

Pouvez-vous nous parler de votre création / performance / lecture ?

Emilie Kohler : Il s’agit d’une tentative d’adaptation de l’œuvre Traduit du silence, du poète Joë Bousquet (1897-1950). De son personnage, de ses rêves.
Ce sont nos premières représentations sur le festival Démostratif, dans un container car on avait besoin de noir complet.

Vivien Knuchel : La forme du spectacle n’est pas du tout arrêtée. On évolue de plus en plus vers la performance et l’abstraction. On ne joue pas des rôles. Nos personnages, Kok! et Nüu! (des prénoms forgés à partir de nos propres noms de famille), c’est nous ! On utilise comme moyens d’expression ce qui nous nourrit, c’est-à-dire le théâtre physique et la littérature pour Emilie, la musique et la danse contemporaine pour moi.

E. K. : L’un comme l’autre, on n’aime pas réciter un texte immuable, alors une grande part est laissée à l’improvisation, selon notre énergie du jour. On est aussi très adaptables : par exemple, ça ne nous dérange pas si le noir est d’un coup rompu par des entrées en cours de spectacle. Et ma réapparition par une porte après être sortie par une autre, ce soir (représentation de mercredi 30 juin à 19 h 30), c’était aussi improvisé ! Et même le texte du programme n’est déjà plus d’actualité !

Quel en est le point de départ ?

E. K. : Mon travail de recherche pour mon mémoire de master, à la Faculté des lettres de Strasbourg. Il portait sur la philosophe Simone Weil (1909-1943) et, de fil en aiguille, je suis arrivée au travail de Joë Bousquet. J’ai tout de suite eu envie de l’adapter.

V. K. : Comme on le disait, on est sans cesse en recherche et la forme évolue perpétuellement. L’idée de départ, c’était de faire des soirées Bousquet dans des appartements, où il aurait joué des sons depuis son lit ! Depuis, la représentation de la chambre a bien évolué, puisqu’elle n’est plus maintenant symbolisée que par un rideau et une bâche !

Comment en êtes-vous arrivés à travailler ensemble ?

V. K. : Après avoir arrêté la fac, j’ai monté Tête à tête, un spectacle pour enfants que j’ai présenté à Tours et à Strasbourg.

E. K. : J’ai vu son travail et j’ai tout de suite pensé à lui pour mon idée d'adaptation. On ne se connaissais pas, on a d’abord beaucoup échangé par mail, c’était pendant le premier confinement. On s’est ensuite vus, on a bu un café puis deux puis trois et le projet s’est monté ainsi.  

V. K. : A ce moment-là j’étais au chômage partiel, je ne créais pas, et cette période d’inactivité forcée m’a fait réaliser que c’était ça que je voulais faire, créer !

L’Université de Strasbourg, où est présenté Traduit du silence, vous y avez aussi étudié…

E. K : Après mon mémoire, j’ai eu envie de sortir de cet entre-soi, j’ai fait énormément de choses, j’ai travaillé à la ferme, à l’usine, fait un service civique dans l’animation. Et maintenant je continue à intervenir pour des ateliers théâtre auprès d’enfants.

V. K. : De mon côté, j’ai rapidement arrêté mes cours d’arts du spectacle parce que j’avais envie de rentrer dans le lard, de faire des choses concrètes ! Et difficile de s’arrêter quand on commence à gagner sa vie, grâce à la création mais aussi des jobs alimentaires…

Quelles seront les prochaines étapes pour votre spectacles ?

V. K. : On va remettre à jour notre dossier de présentation, et on a pour projet de monter notre compagnie ! Les ateliers proposés par Démostratif vont bien nous aider. Je suis aussi en train de monter une liste des festivals où on pourrait se produire.

E. K. : On compte bien poursuivre sur notre lancée avec cette forme mutante. Si on suit une partition bien réglée, on s’ennuie trop !

Propos recueillis par Elsa Collobert

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