Retour d'expérience(s)

30/06/2021

Nos impressions sur quelques-unes des propositions de la programmation Démostratif...

The Lulu Project

Où trouver des affaires sordides ? Pour beaucoup, il suffit de se plonger dans l’histoire de nos ancêtres, enchaînement de drames et d’événements des plus sordides. C’est ce qu’a choisi le Ring Théâtre avec leur représentation The Lulu Projet (écrit pas Magalie Mougel), à l’occasion du quatrième jour du Festival Démostratif, vendredi 2 juillet.

Pièce tout public, le Ring Théâtre a la volonté de rendre The Lulu Project accessible et tout terrain. Une formule idéale pour maintenir un accès à la culture, notamment dans les écoles, nous a avoué Guillaume Fulconis (metteur en scène et comédien à Ring Théâtre) lors de notre échange. La compagnie, originaire de Besançon, s’est déplacée dans les collèges et lycées partout en France à la demande des professeurs.

Ecrite à destination d’élève et avec les théâtres fermés à cause de la pandémie, The Lulu Project est parfait pour débroussailler une période historique lointaine et difficilement compréhensible pour beaucoup de jeunes du 21e siècle.

The Lulu Project c’est avant tout une histoire de choix, ou encore d’absence de celui-ci. Nous suivons Lulu, adolescent dans les années 1980, fan de rock et de punk, rêvant de toucher le ciel comme son idole, Valentina Terechkova. Peut-être vous reconnaissez-vous ; à un détail près. Lulu vit au de-là du mur, en Allemagne communiste de la RDA. Les seuls déterminants de son avenir sont ses résultats scolaires qui lui remettent les pieds sur terre : il sera ouvrier.

Un mélange de rire, de drame et de musique, The Lulu Projet c’est un voyage de liberté et d’émancipation de l’attente sociale conté par Charlotte Dumez, Guillaume Fulconis et Antoine Baillet-Devallez.

Shalina Ni Neighill

Retour d'expérience(s)

Skolstrejk (La grève scolaire) | La Manufacture – CDN (Nancy) | mercredi 30/06 à 18h30

Skolstrejk (La grève scolaire) raconte l’histoire de Louise, jeune lycéenne ordinaire, fille d’agriculteur dans un petit village. Un soir, au détour d’une recherche sur Internet, la jeune fille découvre l’activiste suédoise Greta Thunberg et son combat. C’est la première étape de Louise dans son épopée révolutionnaire. Un combat motivé par l’indignation mais surtout par la peur de l’avenir. La peur d’être la première génération à vivre moins bien que la précédente, la peur que tout s’arrête.

Louise devient donc Freewelt, et s’oppose aux figures d’autorité qui se dressent sur son chemin et tentent de l’arrêter. Elle entraîne avec elle ses amis, sa classe, son lycée, et bientôt d’autres établissements suivront. Un mouvement international, comme une vague d’élèves immobiles et silencieux dans les classes, en grève. 

Mais après ? Qu’est-ce qu’il reste à la fin ? Quand les CRS parviennent à rentrer dans le lycée ? Que doucement la vie reprend son cours ? Destinée à être jouée dans les lycées et les collèges, devant un public jeune, Skolstrejk prône l’immobilisme, l’arrêt total, pour prendre le temps de réfléchir. La pièce nous pousse à nous questionner sur notre propre rapport au monde, au militantisme ou à l’autorité, sans jamais tomber dans un discours binaire et moralisateur.

Zoé Fournier

 

 

(Assez grand pour deux) flaques | Collectif Offense (Lyon) | Mardi 29 juin à 19 h et 21 h

Dans un monde aride, asséché de ses ressources, ils sont quatre à se débattre avec l’énergie du désespoir pour leur survie. Le plastique, matière-tentacule qui défigure et étouffe notre planète, est aussi abondant que l’eau de leur quête est rare.

Les couleurs vives des tenues des personnages contrastent aussi avec leur moral, qui diminue à vue d’œil. La mise en scène, épurée, se fait minimaliste à mesure que flanche l’espoir : parole réduite au stricte minimum, une lumière qui déserte le plateau et le noir total se fait.

Total ? Non, des lueurs s’allument ici et là, à mesure que les coudes se serrent dans un ultime élan… jusqu’à l’éclair final de magie. On rit, on pleure avec ces combattants de la fin du monde porteurs, sur leurs têtes, sous forme de lampes frontales, d’un ultime message : il y a de la lumière au bout du tunnel !

Elsa Collobert

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