« La thèse apporte la rigueur scientifique et la structuration de l’esprit »

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02/07/15

Recherche Alumni 

Anne-Christine Ayed est vice-présidente Recherche, innovation et environnement chez Tarkett, leader mondial dans la fabrication des revêtements de sol. Ingénieure plasturgiste de l’Ecole d’application des hauts polymères de Strasbourg et titulaire d’un doctorat en chimie-physique macromoléculaire de l’Université de Strasbourg, elle est la marraine de la promotion 2014 des docteurs de l’Unistra.
Pourquoi avoir accepté de remplir ce rôle ? D’abord, parce c’est pour moi un moment d’émotions et de souvenirs. Venir à Strasbourg a été un tournant dans ma vie. Après ma maîtrise au Canada, je suis venue ici juste pour voir – j’hésitais entre les USA et Strasbourg. C’est à ce moment-là que j’ai fait une rencontre incroyable en la personne de Gilbert Weill. J’étais très impressionnée par les travaux qu’il menait au Centre de recherche sur les macromolécules*. Une belle rencontre de vie ! Il m’a proposé de suivre une formation d’ingénieur et de faire en parallèle un doctorat que j’ai terminé en 1984. C’est également à Strasbourg que j’ai rencontré mon mari et que sont nés mes trois enfants. Quand je reviens à Strasbourg, même après tant d’années, j’ai l’impression d’être chez moi. Je trouve en plus que l’idée d’Alain Beretz, d’avoir fait une seule université de renom avant tout le monde, à l’image des campus américains, pour attirer les talents et donc avoir une recherche de qualité était intéressante. Enfin, j’ai beaucoup d’étudiants qui viennent de Strasbourg et c’était une manière de remercier l’université et les laboratoires, des collaborations que l’on peut avoir avec eux. Qu’est-ce que le doctorat vous a apporté dans votre carrière, en plus de votre diplôme d’ingénieur ? J’ai choisi d’avoir un double diplôme pour mettre toutes les chances de mon côté et je ne me suis pas trompée. Après mon doctorat, j’ai été embauché chez Dow chemical parce que j’étais ingénieure, mais j’ai été mieux payée grâce à mon doctorat ! Je trouve que la science doit être au service du progrès. On a besoin de gens qui font de la recherche fondamentale pour faire avancer les choses ; mais je suis plus réceptive à la science qui permet de développer des produits ou des technologies pour améliorer nos vies. J’ai trouvé cette notion d’applications dans le monde industriel. Au sein de Dow chemical, j’ai évolué dans le développement de business et me suis diversifiée dans la gestion de l’innovation, le management de projet. Ensuite, je suis revenue à des aspects plus scientifiques. C’est grâce à mon doctorat que j’ai pu prendre la direction de la chimie, des polymères et de la science des matériaux de Dow chemical aux USA. Au-delà, la thèse m’a apporté la rigueur scientifique et la structuration de l’esprit qui vous suivent tout au long de votre carrière. Aujourd’hui, j’embauche beaucoup d’ingénieurs ou de docteurs et je constate que ce sont des formations vraiment complémentaires. Les ingénieurs ont davantage le sens pratique et cherchent moins la connaissance des sciences fondamentales pour résoudre un problème. Les docteurs sont des personnes souvent plus organisées et qui ont ce besoin de comprendre, à travers des études bibliographiques par exemple. C’est cette complémentarité de talents qui nous a permis d’innover chez Tarkett. Quels conseils donneriez-vous aux jeunes docteurs de cette promotion ? C’est important d’avoir un projet. On ne peut pas évoluer ou avoir du plaisir en faisant des choix par défaut. Il faut essayer de se connaître avant de faire des choix de carrière, bien se comprendre et puis pourquoi pas faire des essais pour savoir ce que l’on a envie de faire.* aujourd’hui devenu l’Institut Charles Sadron
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