Une liane exotique comme alternative naturelle dans le traitement du diabète

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09/06/2016

Formidable producteur de molécules thérapeutiques, le règne végétal n’a pas fini de nous délivrer tous ses secrets. Au laboratoire d’innovation thérapeutique (CNRS/Unistra), une petite liane exotique oriente les chercheurs vers une piste innovante dans le traitement du diabète de type II.

Dans le cadre de ses activités de recherche sur les substances naturelles antidiabétiques, le groupe d’Aurélie Urbain(1) se concentre sur une liane exotique et endémique de Madagascar : Cynanchum marnierianum. Parmi les nombreux composés bioactifs extraits de la plante, les chercheurs ont isolé et identifié deux molécules capables de stimuler la production de l’hormone intestinale GLP-1 (2). « GLP-1 est une hormone fabriquée et diffusée dans l’organisme lors de la prise d’un repas, explique la chercheuse. Elle joue un rôle indispensable dans la production d’insuline du pancréas, et au niveau des récepteurs du cerveau, où elle active le signal de satiété. »

Chez les diabétiques de type II, le taux de GLP-1 est très bas, participant de fait au défaut d’insuline et à un risque accru d’obésité. Pour l’heure, les patients ne disposent que de traitements de substitutions chimiques à l’efficacité limitée. « La découverte de ces deux molécules ouvre une alternative thérapeutique plus naturelle, en restaurant le taux de GLP-1 dans l’organisme »,  souligne Aurélie Urbain.

Moins d’un milligramme de composés pour 100 grammes de liane

Problème, ces deux molécules, trop complexes pour être synthétisées par voie chimique, se trouvent aussi à l’état de traces dans la plante, « moins d’un milligramme pour 100 grammes de tige », précise la chercheuse.

Pour contourner ces limites, le laboratoire mise sur la culture in vitro à partir de fragments de feuilles, de tiges ou de racines. Cette alternative biotechnologique offre un double avantage explique Aurélie Urbain : « d’un côté nous conservons et produisons suffisamment de biomasse sans être dépendant d’un approvisionnement extérieur, de l’autre, nous testons différentes conditions de cultures cellulaires afin d’augmenter la quantité de nos deux composés antidiabétiques et coupe-faim ».

Guillaume Thépot

(1)    Équipe de recherche Pharmacognosie et Substances naturelles bioactives – Substances naturelles antidiabétiques, Laboratoire d’innovation thérapeutique (UMR7200 CNRS/Unistra)

(2)    Pregnane Glycosides from Cynanchum marnierianum Stimulate GLP-1 Secretion in STC-1 Cells, Planta Medica (juin 2016)


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