Justice en cultures ou le festival qui réfléchit et débat de la justice

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07/09/16

Vie des campus Recherche 

L’Institut d’études judiciaires (IEJ) de l’Université de Strasbourg s’apprête à ouvrir la troisième édition du festival Justice en cultures (15 septembre-27 octobre). Quatorze manifestations autour du thème « Pour une nouvelle géographie de la justice », avec l’ambition d’imaginer une justice qui fonctionne mieux, qui soit adaptée à son temps. Entretien avec le directeur du festival et de l’IEJ, Quentin Urban.
« Pour une nouvelle géographie de la justice », c’est la thématique que vous avez choisie pour cette édition 2016 du festival. Pouvez-vous l’expliciter ? L’an dernier, nous souhaitions profiter du festival pour parler des situations d’injustice. Cette année, nous sommes dans une logique différente, nous souhaitons imaginer, dessiner à travers le festival une justice qui fonctionne mieux, qui soit adaptée à notre temps. On y évoquera les frontières physiques avec le droit international en matière d’environnement, de trafic, de migrations, etc. ; les frontières temporelles en prenant conscience que la notion d’âge et de responsabilité juridique liée à l’âge varie d’un pays à l’autre. On évoquera la nouvelle géographie de la justice du travail, impactée par l’évolution de l’entreprise, qui ne ressemble plus à ce qu’elle était au 19e siècle. Et bien d’autres choses encore.
Nous attendons environ 2 500 personnes, dont de nombreux avocats et magistrats. C’est une manifestation qui rencontre un franc succès. Comment l’expliquez-vous ? La fréquentation a augmenté chaque année jusqu’à maintenant (1 500 la première année, 2 000 la seconde). Certains événements peuvent attirer 300 personnes. Et surtout, elle est très qualitative, beaucoup de membres de la communauté judiciaire sont présents. Pour moi, c’est le résultat de trois options constitutives du festival : utiliser la culture pour rendre l’approche des sujets plus facile (le cinéma, par exemple), aller vers les citoyens en programmant des événements hors du campus universitaire, et s’appuyer sur l’envie des Strasbourgeois de comprendre, connaître et débattre de la justice. Et ça marche ! Quelle place voyez-vous pour le festival aujourd’hui et demain ? Mon constat de départ a été très simple : il y a 6 000 étudiants en droit à la faculté de Strasbourg. À l’IEJ, nous les préparons aux concours du monde judiciaire. Ces concours contiennent souvent une épreuve de culture judiciaire, or, même très bons en droit, nos étudiants sont rarement au point sur cette question. C’est comme s’ils avaient du mal à faire le lien entre la justice et la société. L’un des objectifs du festival est, et restera de participer à l’ouverture des étudiants vers le monde professionnel et la culture judiciaire. Ensuite, il est aussi un lieu d’échange et de réflexion pour les avocats et les magistrats, lieu qui n’existe pas par ailleurs et devient donc un rôle important pour le festival. Enfin, le festival répond et doit répondre de plus en plus à l’appétence que je pense particulière des Strasbourgeois pour les questions de justice. Les interventions de certains juristes reconnus et de chroniqueurs judiciaires célèbres remportent de ce point de vue un grand succès… Confidentiellement, quels sont vos coups de cœur de président pour cette édition du festival ? Je pense que la cérémonie d’ouverture sera vraiment très intéressante (le 15 septembre, salle de l’Aubette), et aussi la soirée consacrée à la mafia, en présence de Mario Vaudano, ancien collaborateur du juge Falcone, et la projection du film La French avec Jean Dujardin. Mais, au delà de mes préférences, l’éclectisme des sujets traités permet vraiment à tout le monde de trouver son bonheur. Caroline Laplane
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