Un prix Louise-Weiss « résilient » en 2020

28/09/2020

Ils auraient dû être célébrés en avril. Mais, pandémie oblige, c’est vendredi 25 septembre, alors qu’une nouvelle année universitaire a débuté, que les lauréats du concours de littérature étudiante Louise-Weiss 2020 ont été mis à l’honneur, au Collège doctoral européen.

Les trois lauréats en langue française (Celia Laigniel, Jérémy Legros, Marie-Lou Serna) et Ian Carlos Iracheta Garcia, lauréat en langue anglaise.
Les trois lauréats en langue française (Celia Laigniel,
Jérémy Legros, Marie-Lou Serna) et Ian Carlos Iracheta
Garcia, lauréat en langue anglaise.

« Nous sommes réunis aujourd’hui pour célébrer votre talent, mais aussi votre résilience », souligne au micro Mathieu Schneider, vice-présidence Culture, sciences en société de l’Université de Strasbourg. Même si leurs créations littéraires, déclinées sur le thème « Ailleurs, si proche », n’ont pu être influencées par le bouleversement de la crise sanitaire – les textes ont été remis en février – celle-ci imprime tout de même sa marque.

La cérémonie s’est déroulée en comité restreint, sans la famille et les amis venus habituellement célébrer les lauréats. La date, repoussée à une autre année universitaire, a contraint plusieurs d’entre eux à ne pouvoir être présents. Et Victor del Arbol les a félicité pour l’ « intelligence émotionnelle » de leurs textes, depuis une vidéo enregistrée dans son appartement de Barcelone.

274 textes envoyés

L’écrivain espagnol est le parrain de cette 7e édition du prix de littérature étudiante, riche cette année de 274 textes en lice, envoyés par 377 inscrits.

Mathieu Schneider a ouvert la cérémonie, au  Collège doctoral européen.
Mathieu Schneider a ouvert la cérémonie, au
Collège doctoral européen.

Le prix se double d’une résidence artistique du même auteur, rythmée par des ateliers d’écritures et des conférences à la Bibliothèque nationale et universitaire. Les deux étant intimement mêlés, à travers notamment leur dimension européenne. Alors que l’Islandaise Steinunn Sigurðardóttir (2015) a cédé la place à la franco-allemande Claudia Rusch (2019) en tant que marraine, depuis deux ans, le prix s’est aussi ouvert aux langues allemande et anglaise. Une « dimension interculturelle constitutive de la construction européenne », a rappelé Mathieu Schneider.

L’organisation de ces deux événements au long cours mobilise au sein de l’université les facultés des lettres et des langues, ainsi que le Service universitaire d’action culturelle (Suac) et les Presses universitaire de Strasbourg, qui portent chaque année l’édition du recueil des nouvelles des étudiants, d’abord présélectionnées par le vote de leurs pairs puis départagées par un jury composé pour moitié d’étudiants.

« Continuez à écrire des histoires, et l’histoire de notre université », a lancé Michel Deneken aux lauréats présents, en guise de conclusion et d’encouragement.

E. C.

Discours de Victor del Arbol pour les lauréats

Le palmarès

  • Français

1er : Marie-Lou Serna, Les Invisibles (licence 3 Droit Maitrise Français Anglais*)
2e : Jérémy Legros, La banlieue (licence Sociologie*)
3e : Celia Laigniel, 12 impasse des Capucines (licence 3 Sociologie*)

  • Allemand

1er : Clara Charlotte Vornholt, Mitternachtswalzer (licence 3 Psychologie*)
2e : Sophie Neuhaus, Ein halbes Jahr - Ein neues Gefühl - Woanders, so nah (Erasmus Lettres*)
3e : Erwin Reiter, Was da ist (master 1 Epistémologie*)

  • Anglais

1er : Ian Carlos Iracheta Garcia, A Tale of Two People (master 1 Lettres*)
2e : Nora Rombach, When you come down (double licence 3 Économie-Gestion et Langues étrangères appliquées*)
3e : Aylin Türe, Taro (licence 1 Arts plastiques*)

* Lors de l'inscription au concours (année universitaire 2019-2020)

Marie-Lou Serna, 1er prix en langue française pour son texte Les Invisibles

Pour résumer mon texte en quelques mots, c’est une nouvelle dystopique qui explore nos rapports plus ou moins conditionnés avec les autres. Je suis étudiante en droit [licence 3 l’an dernier, master 1 Droit pénal cette année], ce n’est pas toujours drôle. J’envisage de devenir avocate pénaliste. Quelle nécessité, pertinence pour les prisons ? Comment se battre pour une cause qui nous dépasse ? Doit-on ne pas montrer ses sentiments car ce serait un signe de faiblesse ? Toutes ces dimensions sont présentes dans mon texte, car ce sont des pensées qui m’ont traversées au moment de la rédaction. L’actualité aussi, comme le dénigrement incessant des Gilets jaunes ou l’enfermement des Ouïgours en Chine, sur lequel on ferme les yeux. Et Le Premier Homme de Camus, un auteur qui compte beaucoup pour moi, mais aussi au Surveiller et punir de Michel Foucault.
J’écris depuis toute petite, par périodes. J’ai écrit un roman, qui pourrait être publié bientôt. Ça traite d’un tout autre sujet : le passage de l’âge enfantin à l’âge adulte.

Ian Carlos Iracheta Garcia, 1er prix en langue anglaise pour son texte « A tale of two people »

Mon texte est l’histoire de deux étudiants qui suivent la même trajectoire en parallèle, sans jamais se rencontrer. Cela traite de la solitude, de l’impossibilité d’accéder aux autres. La phénoménologie de la solitude, dont traite le philosophe Heidegger, est un de mes sujets de prédilection.

Dans mon pays, le Mexique, j’ai participé à plusieurs concours de littérature et soumis mes textes (22) à publication, mais sans succès. J’en ai auto-publié cinq. Alors, recevoir cette reconnaissance en France, où je suis inscrit en master Erasmus Mundus en lettres (je viens de faire ma rentrée en 2e année), en écrivant dans une langue qui n’est pas ma langue maternelle, c’est une joie énorme ! Je suis très ému. Ça m’encourage évidemment à continuer.

Les images du prix Louise-Weiss 2020

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