Une communauté universitaire résistante

Chaque année, l’Université de Strasbourg commémore les événements qui se sont déroulés lorsqu’elle était repliée à Clermont-Ferrand. La mise en lumière de ces moments se fait dans un souci de devoir de mémoire et de droit à l’histoire et selon trois valeurs : la liberté, la vérité, la démocratie.

Commémoration 2019

Lundi 25 novembre 2019

11h00 - Cérémonie commémorative des événements de 1943 à Clermont-Ferrand
Aula Marc-Bloch, Palais universitaire, campus historique 

16h00 - Conférence : « Les lieux de mémoire sont-ils des musées comme les autres ? », par Frédérique Neau-Dufour
Salle 119, 1er étage, Palais universitaire, campus historique

19h00 - Table ronde dans le cadre de l'anniversaire de la Cimade et de la création de l'œuvre Boulevard de la Dordogne
Salle Pasteur, 1er étage, Palais universitaire, campus historique

Intervenants :

  • Christophe Deltombe, président national de la Cimade
  • Mathieu Schneider, vice-président Culture, sciences en société de l'Université de Strasbourg
  • Damien Carême, député européen, ancien maire de Grande-Synthe
  • Gualterio Dazzi, compositeur

20h30 - Opératorio « Boulevard de la Dordogne » par l'Orchestre universitaire de Strasbourg avec l'Ensemble Vocal universitaire de Strasbourg.
Aula Marc-Bloch,  Palais universitaire, campus historique

Pour commémorer les 80 ans de l'évacuation de Strasbourg en Auvergne et en Dordogne, l'Université de Strasbourg a commandé à Gualtiero Dazzi, artiste en résidence, une œuvre lyrique intitulée L'opératorio « Boulevard de la Dordogne » qui met en regard la mémoire de cette évacuation avec les témoignages de migrants contemporains.

Mardi 26 novembre 2019

19h00 - Avant-propos
Salle Pasteur, 1er étage, Palais universitaire, campus historique

20h30 - Opératorio « Boulevard de la Dordogne » par l'Orchestre universitaire de Strasbourg avec l'Ensemble Vocal universitaire de Strasbourg.
Aula Marc-Bloch,  Palais universitaire, campus historique

Témoignage de François Amoudruz

François Amoudruz apporte son témoignage sur le repli et l'accueil de l'Université de Strasbourg à Clermont-Ferrand durant la seconde guerre mondiale.

Chronologie

  • 1939 : 128 universitaires strasbourgeois adressent au Président de la République une pétition  « pour que la France maintienne les traditions de Liberté, de tolérance politique, religieuse et ethnique qui constituent, au même titre que le territoire, le patrimoine de la nation, font la force de son patriotisme et sont la source de son rayonnement universel ».
  • 1939 : transfert de l’ensemble de l’Université de Strasbourg à Clermont-Ferrand
  • 1940 : l’Université de Strasbourg décide de rester en Auvergne.
  • 1940 : la politique antijuive de Vichy se traduit par la destitution d’universitaires respectés. Premières protestations
  • 1941 : les autorités nazies exigent le rapatriement à Strasbourg de la BNUS ainsi que du matériel de l’Université. Cette livraison se fait avec  réticence.
  • 1941 : Inauguration de la Reichsuniversität Strassburg (Université nazie en Alsace) dans les anciens locaux de l’Université de Strasbourg.
  • 1942 : occupation de la « zone libre », dont Clermont, par l’armée allemande.
  • 1943 : Première rafle de 37 étudiants au Foyer Gallia à Clermont. Les étudiants juifs sont envoyés vers les camps de la mort.
  • 25 novembre 1943 : Les nazis investissent l’université et ses annexes, rassemblent le personnel et les étudiants, soit 1200  personnes, en retiennent entre 4 et 500,  incarcérés à la caserne du 92e Régiment d’Infanterie, puis procèdent à un tri : 130 personnes d’entre elles sont déportées. Cet événement n’a pas d’équivalent ailleurs.
  • 1944 : vague d’arrestations d’universitaires strasbourgeois
  • 27 août 1944 : Libération de Clermont-Ferrand.
  • 23 novembre 1944 : Libération de Strasbourg par le Général Leclerc.
  • 30 juin 1945 : Fin de la dernière année universitaire de Strasbourg à Clermont.
  • 5 octobre 1945 : Le Général De Gaulle salue le retour de l’Université à Strasbourg « Pour en arriver là, je sais bien quelles épreuves elle a traversées : physiques, morales ; mais du fait qu’elle se retrouve, toute entière rassemblée là où elle doit être, il me semble que l’avenir lui apparaît désormais meilleur, plus fort et plus grand… »

139 membres de l’Université sont morts en captivité ou au combat.

Pour son exceptionnel engagement, l’Université s’est vu décerner la Médaille de la Résistance en 1947.

Pour aller plus loin

Fondation Université de Strasbourg
Investissements d'Avenir
Ligue européenne des universités de recherche (LERU)
EUCOR, Le Campus européen
CNRS
Inserm Grand Est
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