Du bac pro au doctorat : un parcours atypique !

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23/09/14

Formation Recherche 

Malgré – ou plutôt grâce à – un parcours atypique, Thomas Bura a reçu l’un des prix de thèses remis en juin dernier.

Ce prix de la Société des amis des universités de l’académie de Strasbourg, il l’a dédicacé à sa mère lors d’un bref discours : « Maman, je n’ai peut-être pas le brevet des collèges mais ce diplôme, je suis le seul à l’avoir dans la famille et il est pour toi. » Retour sur ce parcours, jalonné d’obstacles mais aussi de rencontres, d’opportunités et de choix judicieux.

En troisième, Thomas est un enfant dissipé et un peu clown selon ses propres termes. Ses notes sont globalement insuffisantes (sauf en biologie !) pour continuer dans une filière générale et il est orienté vers un BEP Industries chimiques et traitement des eaux. « Mon premier trimestre a été catastrophique mais ensuite j’ai pris goût à la chimie, commente le jeune chercheur. J’ai donc continué en bac pro. J’y ai rencontré des bons profs et surtout j’ai appris à travailler pour moi. » Un déclic pour Thomas qui décide de continuer ses études. Il postule à l’IUT de génie chimique de Nancy mais est refusé. Une vraie déception ! « J’ai alors enchaîné les petits boulots pendant quatre ans, raconte Thomas. C’est ma copine de l’époque alors en DESS qui m’a encouragé à reprendre les études. » Après un an de service militaire, il prépare un DAEU, un équivalent du bac scientifique en cours du soir à l’Université de Metz, qu’il obtient avec mention.

« Le rêve américain est possible en France »

Après avoir bataillé, Thomas est accepté en DUT de chimie et fait ainsi la preuve que les bacheliers des cours du soir sont eux aussi capables d’y arriver ! Le jeune étudiant ne compte pas en rester là. « Le rêve américain est possible en France, plaisante Thomas. La France vous permet de reprendre des études à tout âge. Quand on veut on peut ! » Toujours dans sa lancée, il part à Strasbourg où travaille son ami d’enfance pour faire une licence de chimie. Les débuts sont difficiles car il ne connaît personne dans l’amphi. « Tout seul rien n’est possible, il faut savoir bien s’entourer, être dans une dynamique de groupe et aussi ne pas avoir peur d’aller voir les profs », insiste l’ancien étudiant. Après quelques hésitations, c’est le master recherche qu’il choisit. Encore deux années difficiles puisque Thomas doit travailler en parallèle pour payer ses études. Pour autant rien n’entame sa motivation. « Au laboratoire tout se passait à merveille : j’avais la chimie dans les doigts et j’étais très bien encadré et formé par d’excellents chercheurs, M et Mme Miesch. »

La chimie dans les doigts

Malheureusement, son laboratoire d’accueil n’a pas de financement pour lui permettre de poursuive en doctorat. C’est après une parenthèse de neuf mois en tant qu’assistant ingénieur que Raymond Ziessel lui propose de l’embaucher en thèse. « Cela a été une décision importante à prendre pour moi car j’avais déjà 30 ans et je me posais beaucoup de question sur mon avenir en tant que chercheur, les possibilités de décrocher un poste au concours, etc. M. Ziessel m’a encouragé à y croire. » Résultats : 28 publications et 4 brevets après beaucoup de travail et un peu de chance, mais surtout grâce à un travail d’équipe ! « Je marche à l’esprit d’équipe. C’est mon moteur pour bien travailler et progresser. »

Et aujourd’hui, l’aventure de la recherche continue, puisque depuis un an déjà Thomas est en post-doctorat au Québec où il a rencontré une belle québécoise. Il est revenu tout spécialement en France pour chercher son prix, une vraie consécration de son parcours. « Pour moi, ce prix c’est comme le ballon d’or en football », conclut-il. 

Anne-Isabelle Bischoff

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