Témoignage de doctorante : Mélodie Duval

Mélodie Duval, doctorante en biologie, étudie les mécanismes moléculaires de l'expression des gènes, chez les bactéries. Elle s'émerveille devant l'harmonie du vivant. Découverte d'une jeune chercheuse en sciences fondamentales et de son évolution dans le monde scientifique.

Dans le bâtiment recouvert de lierre de l'IBMC (Institut de Biologie Moléculaire et Cellulaire), Mélodie Duval effectue son doctorat. C'est en 2009, en stage d'été après sa licence en sciences de la vie, qu'elle y découvre le monde de la recherche et sa future équipe. « Ce stage était un régal », se souvient-elle. « J'ai intégré un projet qui m'a de suite beaucoup plu. Mais pour en faire mon sujet de thèse, les conditions étaient claires : réussir un master de biologie moléculaire, et décrocher un financement par le concours de l'école doctorale ». Qu'elle s'empresse d'obtenir. « Beaucoup de travail, mais c'était mon sujet » ajoute-t-elle tout sourire. Et c'est ainsi qu'à seulement 25 ans, Mélodie est en 3ème année de thèse. Elle décortique la structure et les fonctions de rpS1, la plus grande protéine ribosomique chez E. coli, indispensable à l'étape de traduction des gènes en protéines. Et le projet est vaste, puisqu'elle tente désormais d'obtenir un financement pour le prolonger d'une quatrième année. « J'ai récemment eu des résultats prometteurs, qui appellent de nouvelles manipulations et permettra peut-être même la publication d'un article supplémentaire » confie l'étudiante. La recherche ne s'arrête jamais.

Doctorante : un mot, plusieurs métiers

Si Mélodie a la tête dans ses recherches, ses pieds sont bien ancrés sur terre. Outre les qualités essentielles que sont « rigueur, connaissances théoriques et pratiques, ténacité et analyse critique », être chercheuse demande des compétences variées. Une année Erasmus, à Leeds en Angleterre, lui a non seulement apporté un anglais de qualité, mais aussi cette capacité d'adaptation forgée par les voyages. Sa dernière publication vient d'être élue Article du mois de mars par la Société française de biochimie et biologie moléculaire. Et quand la jeune alsacienne ne se déplace pas pour présenter son travail lors de congrès internationaux (Allemagne, Québec), elle le fait ici, à Strasbourg. « Communiquer ses résultats à d'autres chercheurs est non seulement essentiel, mais aussi très motivant : il n'y a pas de rivalités, plutôt une vraie émulation. ». A l'occasion du concours Ma thèse en 180 secondes, et d'une conférence du Jardin des Sciences, Mélodie s'est adressée au grand public en vulgarisant son travail, indispensable pour transmettre plus que ses recherches et résultats : transmettre sa passion.

« La vie est magnifiquement élaborée »

C'est ce qui rayonne le plus chez la jeune chercheuse, cette passion contagieuse. Mélodie révèle la beauté dans ce domaine obscur qu'est la science fondamentale. « Explorer le monde microscopique est étonnant. Le plus simple mécanisme moléculaire est le fruit de millions d'années d'évolution, et plus j'étudie, plus je trouve cela harmonieux ». Les yeux pétillants, elle conclut : « la vie est magnifiquement élaborée ». Pour le futur ? Mélodie hésite encore. Devenir enseignant-chercheur lui permettrait de partager ses connaissances et sa curiosité, et la doctorante a déjà une bonne expérience en la matière : elle a donné des TPs et des TDs de biochimie aux étudiants en seconde année de licence de l'Unistra. Mais la biologiste est aussi attirée par la vulgarisation, les questions scientifiques nécessitant selon elle « plus de débats et d'échanges entre chercheurs et grand public ». Par le management de la recherche et le suivi de projet, aussi. Quel que soit son choix, ce sera tout sourire, et avec grand plaisir.

T.C.F

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