Université Discours

Cérémonie des vœux 2026 : discours de la présidente, Frédérique Berrod

Mis à jour le 13 jan. 2026 |

Publié le 13 jan. 2026

Frédérique Berrod lors de la cérémonie des vœux 2026
Frédérique Berrod lors de la cérémonie des vœux 2026
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    vœux 2026 centre sportif universitaire sport

Discours de la présidente de l'Université de Strasbourg prononcé lors de la cérémonie des vœux, mardi 13 janvier 2026.

Seul le prononcé fait foi.

Une nouvelle année est l’occasion d’un regard rétrospectif sur une année 2025 à la fois dérangeante et intrigante, riche de nouvelles expériences et marquée par de multiples incertitudes et de nouveaux dangers. C’est aussi une occasion de poser une nouvelle ambition pour mieux « chatouiller les cimes » de l’excellence, de l’inventivité et de l’inclusivité en 2026.

Des vœux et l’inauguration du Centre sportif universitaire 

Nous avons repris cette année sur nos cartes de vœux la célèbre citation de Von Humbolt : « Le vrai plaisir vient de l’activité de l’esprit et de l’exercice du corps ». C’est à ce double épanouissement que nous convie le Centre sportif universitaire que nous inaugurons aujourd’hui avec cette cérémonie des vœux. Ce vaisseau moderne est au service de 90 disciplines sportives sur près de 7000 m2, mis à la disposition des étudiantes et des étudiants, de tous les personnels de l’Université de Strasbourg, mais aussi à celles et ceux de l’Insa, de l’Engees ou de l’Ensas.

Merci à notre service des sports pour sa co-construction au plein sens du terme de ce lieu ouvert depuis le 6 octobre 2025. Les jours plus courts de l’automne et de l’hiver ont ceci de particuliers de mettre en lumière les nombreuses baies vitrées du Centre Sportif, ce qui permet de constater combien ce bel ouvrage est d’ores et déjà un lieu qui vit au rythme du campus !

Cette construction reflète aussi ce que le sport emporte de progrès. Comme le dit Georges Vigarello dans l’introduction du très bel ouvrage Sports, une histoire en images paru en 2025 : « Histoire complexe que celle des formes dans l’univers sportif, multiple, plurielle, intégrant muscles et tensions, voire même espaces et engins ». Vous explorerez ces formes, ces lignes, ces respirations entre différents étages, différents engins, dans ce nouveau lieu de tensions en harmonie, au fur et à mesure de vos pratiques sportives tout au long de 2026. 
Le sport serait aussi le bruit et la couleur, selon Michel Pastoureau, l’historien des couleurs qui cosigne l’ouvrage sur le sport que je viens d’évoquer. 

  • On évoquera le choix du jaune qui colore vous le voyez le Centre sportif universitaire.
  • Couleur qui évoque le phare, qui a permis de distinguer le club puis le joueur, dépassant le seul blanc des origines des couleurs du sport, pour contribuer à mettre en visibilité la compétition sportive.
  • Le carton peut être jaune mais cette couleur solaire porte surtout l’excellence dans la compétition sportive.
    • Le maillot du gagnant du tour de France cycliste est jaune.
    • Le jaune a animé le pinceau de Nicolas De Staël dans sa série du Parc des Princes, marqué qu’il fut par le jaune de l’équipe de football suédoise.
    • Le jaune est aussi celui d’un des 5 anneaux olympiques, anneaux entrelacés des interconnexions sportives mondialisées entre les continents, symbole créé pour les JO de 1912 à Stockholm.
  • Le jaune enfin donne le ton de la carte de vœux de l’Université de Strasbourg en 2026.

Le CSU est aussi un lieu qui ancre dans son architecture les valeurs d’ouverture, d’inclusion et de bien-être au travail de notre belle université.

  • Le sport est on le sait une école d’humilité, de discipline, de collectif. Ces valeurs sont aussi celles qui assurent l’épanouissement des activités de l’esprit. Cela fait écho aux mots de Jean d’Amérique, parrain du prix Louise WEISS 2025 : « Je vous le dis d’emblée, et sincèrement : ce n’est pas un prix qui fera une œuvre, mais le travail acharné, l’humilité et la patience de plonger dans les racines profondes des mots, pour embrasser leurs secrets, avant d’en contempler les fleurs et d’en dévorer les fruits ».
  • Le CSU est aussi l’expression de notre responsabilité sociale et environnementale
    • Rappelons que ce nouveau bâtiment qui héberge nos activités sportives a été conçu de manière écoresponsable et intègre dans un même mouvement le respect des réglementations sans pourtant écraser les autres bâtiments ; certains de ces bâtiments étant par ailleurs classés patrimoine du XXème siècle comme la Faculté de droit, de science politique et de gestion. La verticale noire du marbre de la faculté entre en dialogue avec la magnifique verticale du – déjà - emblématique mur d’escalade du CSU. Ce géant est fait de béton et d’essences de bois venues d’Autriche et de la Forêt-Noire, isolé par de la laine de roche et de bois, qui permet une efficacité énergétique quinze fois supérieure à celle d’un bâtiment passif traditionnel.
    • Que les services de la Direction du patrimoine immobilier soient remerciés pour leur maîtrise de ce grand chantier.
  • Strasbourg a été précurseure des ordonnances pour le sport et ce lien sport et santé trouve dans ce CSU à la fois un prolongement et une amplification. Il est sorti de terre grâce à l’action coordonnée de l’université et de ses partenaires dans le bien connu Plan campus ; c’est en effet 24 millions qu’il a fallu mobiliser, ce qui montre l’importance de ce chantier. En ce sens, le CSU est un outil d’excellence qui nous distingue en France et en Europe.
  • Le sport est également au cœur de nos recherches strasbourgeoises. Par exemple, notre collègue Anne Stenger a montré en 2025 que les étudiants qui sont formés à la transition climatique changent de comportement, particulièrement pour la mobilité et l’alimentation. La proportion d’étudiants engagés est encore plus forte quand ils sont sportifs. Des liens à afficher dans ce nouvel espace des sports !
    Nous accompagnerons ces évolutions des mobilités en élaborant en 2026 notre plan de mobilité afin de poursuivre les efforts de réduction de notre impact carbone.
  • Le développement de la pratique sportive doit se faire aussi sur tous nos campus. La CVEC – contribution de vie étudiante et de campus- est un outil majeur pour diffuser les investissements sur nos 10 campus, toujours en lien avec nos partenaires des territoires.
  • Le sport est enfin un vecteur d’empowerment des femmes, comme on le voit en ce moment au Maroc, dans la Coupe d’Afrique des nations, affaire de femmes autant que d’hommes.

Ces constats m’ont incitée à porter haut à partir de 2026 une politique sportive de l’Université de Strasbourg, pour mettre la pratique sportive au cœur de notre quotidien en recherche comme en formation. Cette politique sera animée au travers d’une charge de mission que j’ai confiée à Fabrice Favret, qui aura 4 grands objectifs : 

  1. Concevoir une politique de promotion de la pratique sportive sur tous les campus ;
  2. Mettre en lumière toutes les actions en faveur du sport à l'Université de Strasbourg ;
  3. Valoriser et accompagner nos sportives et sportifs de haut niveau ;
  4. Faire du sport une action au service de nos territoires.

Je voudrais aussi souligner l’implication de notre fondation Université et Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, pour soutenir nos sportifs de haut niveau. Ils et elles sont plus de 200 étudiants engagés dans une trentaine de disciplines, qui poursuivent à la fois l’excellence sportive et la réussite universitaire. Elles et ils ont besoin de notre soutien pour financer leurs équipements, leurs déplacements, bref tout ce qui fera la différence pour que l’Unistra brille au sommet des compétitions sportives. C’est pour répondre à ces besoins que la fondation a mis en place le fonds « Soutenir les étudiants sportifs de haut niveau de l’Université de Strasbourg », un projet financé à 100 % par le mécénat.

En cette année 2026, je vous incite donc à faire un don et faire faire des dons – c’est une chose très importante pour nos étudiants - pour contribuer concrètement à ces parcours d’exception et accompagner celles et ceux qui feront les podiums de demain, en réussissant leurs études aujourd’hui. 

Des vœux pour dire aussi quel sera notre cap pour l’année 2026, en filant si vous me le permettez la métaphore sportive.

Les vœux permettent un bref retour en arrière, sur une année marquée par de nouveaux élus dans nos conseils, une nouvelle équipe de présidence et une nouvelle présidente. Une année marquée aussi par de nouvelles transversalités avec une équipe de gouvernance au travail, des conseils qui débattront pour dégager de nouvelles marges de manœuvre, comme nous l’avons fait pour une partie de l’IDEX en 2025. 2026 sera l’occasion d’intensifier ces transversalités, en particulier par la construction d’un projet d’administration, sous la houlette de Valérie Gibert et de l’équipe qui l’accompagne : Hugues Boyer, Evelyne Klotz, Bernard Lickel et Anne-Catherine Norberti. 

Je ne veux pas minimiser en ce début d’année les difficultés majeures que nous affrontons : un projet de budget une nouvelle fois en déficit, une fragilité budgétaire renforcée par le flou national en la matière, des attaques contre la fonction même de la formation universitaire – après tout pourquoi avoir encore des diplômes quand on a l’IA ? – et contre la pertinence de la recherche universitaire – après tout pourquoi financer la recherche quand l’émotion est la ligne directrice des politiques publiques ? Je n’élude rien non plus des ruptures majeures de la géopolitique mondiale qui rebat les cartes de nos partenariats possibles et casse la libre circulation des personnes et des idées qui font pourtant la science.

Je veux en 2026 concentrer mes vœux et mon action sur nos belles histoires, nos excellences qui permettent des médailles, des distinctions, de nouvelles équipes, l’émotion de la découverte, la passion de la transmission, les interrogations pour mieux faire communauté. A ce titre, la qualité de vie au travail, la vie des campus est un pôle majeur de notre boussole collective. 

Je commencerai par rappeler en ce jour combien notre université est une grande université de réputation mondiale. Une université qui a une histoire française et allemande, qui est une université qui résiste, une université qui fait sa place aux femmes, une université de l’innovation et de la recherche aux frontières des sciences et des connaissances. Nos 462 docteures et docteurs portent cet héritage et sont les ambassadrices et les ambassadeurs de ces valeurs, de cet esprit critique, de cette rigueur qui fait l’université, notre université. Nous travaillerons en 2026 sur la valorisation du titre de doctorat par la constitution d’un portefeuille des compétences de chaque doctorant. Qu’il me soit permis aussi de féliciter dans ces vœux Madame Sylviane Müller, immunologue, tête chercheuse dans l’un de nos ITI et membre de notre USIAS, qui fait son entrée dans la prestigieuse Académie des sciences, après un parcours remarquable et qui peut tout particulièrement inspirer nos étudiantes et nos doctorantes pour décrocher de nouvelles étoiles. 

C’est à cette université en mouvement que je dédie cette cérémonie, le mouvement qui élance les corps, agite les esprits et nous convie à trouver un nouveau souffle pour nos étudiantes et nos étudiants comme pour toute notre société. Notre université se retrouve autour d’un triptyque en cette nouvelle année : une université qui évolue dans ses pratiques et ses appartenances ; une université qui fait bouger les lignes pour développer la science ; et enfin une université mobile, au cœur d’une société en ébullition. 

  • Une université qui évolue dans ses pratiques et dans ses appartenances
    • Le renouveau de nos pratiques pédagogiques trouve un nouveau souffle avec un projet Stratus pour tous, budget qui va permettre de diffuser la formation par la recherche dès la licence ainsi que de la formation à l’interdisciplinarité dans toutes nos composantes et nos écoles. Cela permettra à chaque étudiante et chaque étudiant de sortir de son couloir de nage pour être mieux formé et participer à résoudre les problèmes de notre monde.
      • Seule l’université publique sait assurer cette formation aux métiers d’aujourd’hui et de demain et délivrer des diplômes reconnus dans toute l’Europe, ce qui sera bientôt rappelé par autant de battements de cœur dans une prochaine campagne de communication que je qualifierais de « pop » sur notre offre de formation pour nos lycéennes et nos lycéens.
    • L’Unistra est ancrée dans le monde par une stratégie d’ensemble lui permettant d’être bien campée sur ses appuis avant de s’élancer sur la piste de 2026
      • L’Université de Strasbourg va engager au printemps la réflexion collective sur notre charte éthique.
      • Elle ambitionne aussi de développer ses formations sur l’égalité pour lutter contre toutes les discriminations.
      • Elle s’engage dans un renouveau de sa politique de la vie étudiante, en visant un continuum de services pour ses étudiantes et ses étudiants, en particulier par la négociation d’une nouvelle convention avec le CROUS.
      • Elle entame un travail sur un continuum de formation et de recherche pour solidifier l’ouverture à l’international dans des partenariats stratégiques globaux.
      • Elle écrit le projet +2 ans pour EPICUR : nous portons l’espoir d’un jeu set et match pour que nos 9 universités intensifient leurs actions en formation et en recherche.
  • Une université qui fait bouger les lignes pour développer la science
    • Dans une tribune publiée dans le Monde, que nous avons signée avec les collègues des universités membres d’Udice et le prix Nobel d’économie Philippe Aghion, nous avons rappelé que : « La souveraineté technologique dépend directement de la vitalité scientifique du pays, de sa capacité à financer et à structurer la recherche fondamentale et interdisciplinaire au sein de nos universités et des organismes nationaux de recherche ». A Strasbourg, la réflexion sur le devenir des instituts thématiques interdisciplinaires (ITI) sera initiée dans ce sens en 2026, sur la base de leur évaluation internationale à mi-parcours.
    • Le contexte budgétaire nous oblige à pratiquer les sports de l’extrême, avec des gouffres et des « Himalayas ». Pour faire bouger les lignes, il nous faut poursuivre les opportunités de faire progresser les carrières, de travailler notre attractivité par le bien-être au travail et de permettre en 2026 de sécuriser nos personnels, de les accompagner dans une montée en compétences en privilégiant le collectif et la maîtrise de nos trajectoires d’emplois.
    • Nous construirons en 2026 un plan global sur l’IA en formation, en recherche, comme dans la vie administrative de l’université : ENACT nous donne les moyens d’une acculturation à l’IA pour toutes et tous ; nous voulons aller au-delà et nous développerons dès 2026 une IA souveraine « maison », initiative profondément originale en France. Nous investirons dans la cybersécurité et nous poursuivrons la centralisation de toutes nos données de recherche dans notre datacenter pour protéger notre propre souveraineté.
    • Cette stratégie sera réfléchie avec nos partenaires de site, les ONR et le CHU pour progresser sur la recherche par la donnée.
    • Pour assumer pleinement sa mission de recherche en société, l’Unistra investit dans une collection de podcasts « Défis de science, défis de société », permettant à des chercheurs et chercheuses des Instituts thématiques interdisciplinaires (ITI) de partager leur regard et leurs travaux pour mieux décrypter la thématique de l’intelligence artificielle en recherche avec le grand public, dans un esprit de relais dans une même équipe.
    • Deux nouveaux instituts rentrent sur le terrain cette année :
      • L’Institut de l’innovation et de l’entrepreneuriat sous la houlette de Patrick LLerena (et Grégory Hebinger)
      • Et l’Institut des sciences de la durabilité dont le nom n’est pas encore arrêté. Je remercie Jérémy Picot, chargé de mission pour construire cet Institut
      • Ces instituts seront à la fois centre d'animation qui aura pour rôle la mise en relation de communautés et vitrine de la recherche et de la formation transdisciplinaire.
      • Un troisième institut, l’institut de la santé publique sera enfin réfléchi dans ce même esprit en 2026.
  • Une université mobile, au cœur d’une société en ébullition
    • L’Unistra est une grande équipe, qui doit travailler en 2026 à mieux faire solidarité. Je mentionnerai en particulier l’arrivée d’étudiantes afghanes, dont deux viennent d’obtenir leurs visas et que nous attendons. Nous agissons aussi pour accueillir des étudiants palestiniens même si la délivrance des visas est toujours difficile. Nous aurons besoin de dons pour leur assurer une aide à leur arrivée.
    • La culture doit nous permettre d’affronter le mauvais « grain » dans les vents du monde. Elle nous permet un parcours commun sur le campus historique, en harmonie avec le succès du nouveau musée zoologique pour tous les publics. 
      Le CSU sera aussi orné d’une œuvre d’art, pour que les artistes puissent participer à donner sens avec nous aux valeurs du sport sur ce campus. 
      Pour que l’on comprenne le sens de la passe sur le terrain Unistra, TACTUS agit comme passeur de sciences dans le cœur de la ville comme à ses marges et dans tous ses territoires. Nous travaillerons aussi pour que la Pokop soit un lieu de rencontres de tous les publics, avec une programmation artistique renforcée et réfléchie en commun avec nos partenaires du CROUS.
    • C’est donc en pack de rugby que nous allons agir avec les citoyennes et les citoyens, pour développer l’impact du projet OPUS grâce au travail de nos communautés thématiques et grâce à la mission Relations à la société, guichet unique qui nous permet de structurer nos relations avec les entreprises et tout le tissu associatif alsacien. 

Je terminerai ces mots par une ambition puisée dans l’ouvrage Sports évoqué au début de ce discours, tel un mantra pour notre année 2026 : « faisons vivre nos corps et nos esprits, non pas seulement pour les cultiver en les pliant à quelque technique précise, mais pour éprouver nos sensibilités, explorer nos tonalités et nous engager dans nos intensités profondes. »

Belle et inventive année 2026 à toutes et tous !
Et vive le sport à l’Université de Strasbourg !

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