Université, égalité, diversité, humanité, capacité… Ipséité

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28/01/2019

Des étudiants en sciences humaines et sociales, arts, lettres et langues, qui valorisent des diplômés de ces mêmes disciplines : c’est le sens qu’a pris le travail de neuf étudiants, dans le cadre d’un projet de professionnalisation mené à l’échelle de huit universités françaises. Le résultat - une belle exposition de photographies - est à voir du 28 janvier au 1er février, au Palais universitaire.

Un ancien mineur devenu professeur d’histoire, un boxeur professionnel doublé d’un moniteur éducateur, une assistante sociale diplômée en arts du spectacle… Derrière ces parcours dit « atypiques », autant de femmes et d’hommes riches de trajectoires de vie foisonnantes, loin des voies toutes tracées… et qui incluent toutes un passage en faculté de sciences humaines et sociales (SHS) ou d'arts, lettres, langues (ALL).

Leurs visages sont à découvrir à travers une galerie de 24 « portraits insolites », exposés en cette dernière semaine de janvier dans l’aula du Palais U. Leur histoire, elle, est à retrouver en ligne, sur un site dédié.

Panel de disciplines

Tout ce travail a été mené par ceux qui partagent cet attrait pour les disciplines artistiques et humaines et ont choisi d’y consacrer leurs études : huit étudiants en éducation, cinéma, langues et interculturalité, communication scientifique, multimédias… de la licence 1 au master 2. « Soit un panel bien diversifié », souligne Maria Denami, coordinatrice du dispositif « Missions professionnelles ALL-SHS » à l’Université de Strasbourg (lire encadré).

« Conduire une interview, rédiger un texte journalistique, organiser un shooting photo, utiliser des outils tels que Photoshop… Ce sont ces compétences que sont à même de posséder de tels étudiants, et qu’ils ont approfondies à travers ce projet tuteuré, pour lequel une grande autonomie leur a été laissée », poursuit l’ingénieure pédagogique de l’Institut de développement et d’innovation pédagogiques (Idip).

Tout a été permis par un appel à manifestation d’intérêt, impulsé par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, dont l’objectif était précisément « de valoriser les parcours de diplômés en ALL et SHS, en mobilisant les compétences d’étudiants de ces disciplines ». Aux côtés de l’Université de Strasbourg, huit établissements d’enseignement supérieur français ont participé à l’exposition « Ipséité », de ce terme désignant « ce qui fait qu’une personne est unique et absolument distincte d’une autre ». Conçue comme itinérante, elle rejoindra cette année Nancy, Bordeaux, Paris… « Mais il était logique que le parcours débute à Strasbourg, s’enorgueillit Maria Denami pour ses étudiants. Après tout, nous avons fourni 11 des 24 portraits exposés ! »

Elsa Collobert

Exposition « Ipséité », du lundi 28 janvier au vendredi 1er février 2019, aula du Palais universitaire, de 8 h à 19 h (excepté lundi, à partir de 13 h)

Des missions professionnelles pour développer ses compétences

S’ils sont monnaie courante en école d’ingénieurs ou dans les IUT (Instituts universitaires de technologie), les projets tuteurés se font plus rares sur les bancs de la fac. Depuis l’année universitaire 2017-2018, une centaine d’étudiants de SHS ont eu l’opportunité de s’impliquer dans l’un des 25 projets proposés dans le cadre du dispositif « Missions professionnelles ALL-SHS » de l’Idip. A l’exemple de la conception de l’exposition « Ipséité », ces projets, menés « en groupes et en autonomie, sous la responsabilité de tuteurs », comptent dans l’obtention de crédits ECTS. Essentiel pour développer des compétences professionnelles, définies comme « transversales » (transposables à plusieurs domaines) !

« Une belle ouverture à l’autre » : Sara Vieira A. Maia, en licence 3 Cinéma

Lors de la présentation du projet, l’année dernière, je me suis tout de suite dit que c’était pour moi ! Après avoir suivi des études de communication sociale et exercé comme photojournaliste au Brésil, on peut aussi dire que j’ai un parcours atypique. J’ai pris certaines des photos de l’exposition et ai conduit certaines interviews : cette dernière dimension, avec tout le volet préparation et recherche, était nouveau pour moi. La coopération avec des étudiants d’autres disciplines n’a pas toujours été facile, mais la mise en scène des photos avec des objets symbolisant le passé et le présent du sujet a vraiment été décidée en commun ! Je garde juste un goût amer que cette exposition, qui promeut l’ouverture à l’autre et la richesse interculturelle au sein de l’université, se concrétise au moment où l’on parle de mettre des barrières financières aux étudiants non-Européens comme moi…

« Ne pas rentrer dans un moule éducatif, ce n'est pas grave ! » : Tristan Kopp, en master 2 Arts du spectacle

J’ai sûrement été contacté parce que j’ai un parcours d’études atypique : je suis passé par une classe préparatoire littéraire, avant d’arriver à la fac en licence 3 en Arts du spectacle. J’ai ensuite fait mon master 1 en deux ans, parce que j’ai validé une licence 3 en lettres en même temps !
Je trouve que c’est une très bonne chose de mettre en avant les étudiants aux parcours atypiques, surtout puisque l’Éducation nationale est très normée.
C’est aussi assez rare de mettre à l’honneur les « dissidents » de l’éducation.
Cette exposition permet de montrer aux étudiants d’autres étudiants qui sont en train de valider leurs études, tout en prenant des chemins divers et de travers.

Zoé Charef

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