Le Premier ministre Jean Castex à l'écoute des étudiants strasbourgeois

25/01/2021

Lors de sa venue en Alsace, samedi 23 janvier, le Premier ministre Jean Castex a rencontré un panel d’étudiants, à la Gallia. L’occasion d’échanger avec eux sur leur détresse, financière et psychologique. Mais aussi d’évoquer l’élan de solidarité inédit né de cette crise.

Après avoir rencontré les élus alsaciens, au sujet notamment de la nouvelle Communauté européenne d’Alsace (CEA) et de l’avenir du Parlement européen, direction la Gallia pour le Premier ministre Jean Castex, à 15 h.

C’est au pas de course, talonné par la presse, qu’il a visité l’Agoraé, l’épicerie sociale et solidaire, ainsi que le Minotaure, où se déroule chaque mercredi une distribution alimentaire à destination des étudiants. La dernière a comptabilisé 1200 bénéficiaires.

C’est donc de ces difficultés qu’il a été question durant la séquence suivante, tout aussi rythmée, mais durant laquelle, au moins, les participants ont pu être assis ! Difficultés financières, mais aussi psychologiques, engendrées par l’isolement subi par les étudiants, contraints aux cours à distance depuis des mois. « Lorsque la dose de médicament est trop importante, le remède peut être pire que le mal », a ainsi introduit Michel Deneken, administrateur provisoire de l’université. Un constat auquel ne peut que souscrire Mila, étudiante tutrice au sein du dispositif Répare.

300 tuteurs Répare

Mis en place par l’Université de Strasbourg, ce dispositif de tutorat par les pairs compte déjà 300 recrues, formées par des enseignants-chercheurs depuis la rentrée de janvier. Il s’agit de la dernière réponse en date au mal-être grandissant des étudiants, se traduisant par des décrochages de plus en plus nombreux.

Face au rappel de ces réalités, le Premier ministre s’est montré compatissant, mais ferme : « Les diplômes et les examens doivent être sauvegardés ». Mais quant à rouvrir largement les universités,  « il serait irresponsable » de ne pas agir avec « prudence » face à un virus « invisible, facétieux, mutant. » Le besoin d’un retour au présentiel, avec une capacité avérée de faire respecter les mesures sanitaires, est pourtant demandée par un grand nombre d’universités, et affleurait dans bon nombre des témoignages d’étudiants présents : « Nous voulons plus de rencontres, moins de connexions. Donnez nous des perspectives ».

« Courage et engagement »

Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, présente aux côtés du Premier ministre, a tenu à apporter un message d’espérance, notamment quant à l’avenir professionnel des jeunes : «  Nous n’oublierons pas le courage et l’engagement qui ont été les vôtres pendant cette période difficile ».

Des notes d’espoir, il y en a surtout eu lorsqu’ont été égrenés les mesures et dispositifs d’aide mis en place par une foule d’acteurs universitaires. « Soutien psychologique du Service de santé universitaire, repas à 1 €, étudiants relais campus et cité, prêts et dons d’ordinateurs, bourses, distributions alimentaires et autres formes d’aides de l’Association fédérative générale des étudiants de Strasbourg (Afges)… » ont été cités par Alban, Frédéric, Gauthier, Jade, Mohammed et Justine, étudiants aidants et aidés, lors d’une prise de parole orchestrée par Thomas Heckel, directeur adjoint de la Fondation Université de Strasbourg. Un acteur essentiel de la chaîne de solidarité, tout comme le Crous, représenté par sa directrice, Lina Rustom : « L’argent récolté par notre appel à don au profit des étudiants a pu être distribué par ce dernier, grâce à la connaissance de terrain de ses assistantes sociales », a rappelé Thomas Heckel. Grégoire Gall, étudiant en quatrième année de médecine et président de l’Amicale de médecine, a rappelé l’engagement sans faille des étudiants en santé pendant la crise, tous niveaux confondus.

« L’Etat, le service public sont présents. Ils exerceront la plénitude de leurs responsabilités », a conclu Jean Castex, juste avant son départ. Laissant les acteurs universitaires présents quelque peu sur leur faim…

Elsa Collobert

Crédit photo une : Alexandra Lebon / Matignon

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