Justine Lenglet, la chimie pour l'histoire de l'art

Information importante

Cette actualité a été archivée. Les informations qui y figurent sont peut-être devenues obsolètes depuis sa publication. 

24/09/2018

Justine Lenglet a réalisé un stage au National Museums Collection Centre, à Edimbourg (Écosse, Royaume-Uni), alors qu'elle était étudiante en deuxième année à l'École européenne de chimie, polymères et matériaux (ECPM) de Strasbourg. Expérience qui lui a valu de recevoir le premier prix du rapport de stage à l'étranger de la Région Grand Est. Quand les chimistes percent les secrets de nos collections d’art ancien…

Un musée d’art et d’histoire, un lieu insolite pour un stage d'ingénieure chimiste ? À première vue, oui. Et pourtant les grands musées, notamment le Louvre, ont leur laboratoire, nous apprend Justine Lenglet, 23 ans. Les postes de chimistes en musée sont rares, mais ils existent, environ deux par pays ! Et Justine a pu réaliser son stage en 2017 sous la responsabilité de l’une d’entre elles, Lore Troalen, analytical scientist au laboratoire de chimie associé au musée d'Edimbourg. Ses camarades de troisième année à l'ECPM lui avaient donné le contact.

La madone sous le spectromètre infrarouge

Pendant trois mois, elle était chargée de mettre au point une méthode d'analyse d'échantillons prélevés sur une madone polychrome en bois du 14e siècle (Umbrian Madonna). Le but final étant de déterminer les matières premières utilisées pour la peindre, pour l'avancée des connaissances mais aussi pour aider les restaurateurs.

Justine a conçu une méthode pour préparer les échantillons : en les enrobant d'un polymère, on préserve la succession des couches picturales et on peut les manipuler facilement. Puis, elle les a observés au spectromètre infrarouge ainsi qu'au microscope électronique pour déterminer leur composition chimique et minérale. Cette méthode pourra aussi être utilisée sur d’autres œuvres. Avoir pu mener le projet de A à Z, depuis la définition de la méthode jusqu'à l'obtention des résultats, a été une grande source de satisfaction.

À la demande de sa tutrice de stage, elle a écrit un blog en anglais pour vulgariser cette technique. Lequel est en cours de relecture et de validation, avant sa mise en ligne. L'originalité du sujet, la vulgarisation, la qualité de la réflexion et de la rédaction ont séduit le jury du concours du meilleur rapport de stage à l'étranger de la Région Grand Est, qui lui a remis le premier prix, en juillet dernier.

Sciences analytiques

La chimie au musée est un sujet qui avait déjà impressionné Justine en 2014, suite à une conférence sur les pigments utilisés dans l’Égypte antique. Elle était donnée par Philippe Walter, un chimiste CNRS réputé qui étudie les œuvres d'art et les pièces archéologiques. Plus tard, en 2017, elle l'avait invité à intervenir au Forum horizon chimie, à Paris, alors qu'elle était bénévolement chargée de co-organiser les conférences.

Bachelière en 2013, Justine est entrée à l'ECPM après deux années de cycle préparatoire en chimie à Lille. Elle a choisi l'école pour la spécialité en sciences analytiques, les cours en anglais et pour l'originalité de la formation : une semaine de cours en alternance avec une semaine entière de travaux pratiques en laboratoire, ce qui étend les possibilités d'expériences. 

En 2018, elle a réalisé son stage de fin d'études chez Sanofi Pasteur, au laboratoire de recherche et développement. Elle a développé une méthode analytique pour caractériser les composants d'un vaccin en cours de développement. Dès octobre, elle démarre un premier emploi, chez Sanofi, à Sisteron, pour analyser des lots de médicaments et s'assurer de leur qualité avant leur commercialisation.

Stéphanie Robert

Établissement associé de l'Université de Strasbourg
Fondation Université de Strasbourg
Investissements d'Avenir
Ligue européenne des universités de recherche (LERU)
EUCOR, Le Campus européen
CNRS
Inserm Grand Est
HRS4R