Taxinomie #1 : les formes du savoir s’exposent

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05/05/15

Vie des campus 

Un groupe d’étudiants du master Design-projet de la Faculté des arts de l’Université de Strasbourg a participé au workshop de l’artiste Éric Tabuchi de janvier à mi-avril. Ils exposeront leurs travaux le 16 mai prochain à l’Institut de géologie dans le cadre de la Nuit des musées.
Proposer une approche taxinomique1 des lieux de rencontre et de construction du savoir à l’université, tel était l’objectif du workshop proposé dans le cadre de la résidence de création photo-graphique de l’artiste multiforme Éric Tabuchi, née d’un partenariat entre l’association La Chambre, la Faculté des arts et le Service universitaire de l’action culturelle2. Pendant plusieurs mois, huit jeunes graphistes se sont donc penchés sur les collections scientifiques exceptionnelles de l'université, encadrés par leur enseignante Julia Coffre et Éric Tabuchi, pour mener une réflexion sur les formes matérielles que peut prendre le savoir à l’université. « Les étudiants ont rencontré les différents responsables du patrimoine universitaire, notamment ceux des musées de zoologie et de minéralogie ; ils ont ainsi découvert énormément de modèles, de formes de savoirs », explique Julia Coffre.
Leur premier travail a consisté à récolter 100 formes chacun dans ces collections pour faire un état des lieux de ce qui existe et ensuite proposer une classification autre que celle en place. Cécile, étudiante en master 1 Design-projet, a par exemple travaillé sur les ailes de papillon. Au Musée de zoologie, les spécimens sont actuellement classés par lieu d’origine, famille, etc. Cécile a, elle, établi un système de tri par formes d’ailes. « À partir de là, j’ai créé un petit livre d’images qui, feuilleté rapidement et en continu, donne l’impression d’une séquence animée », explique-t-elle. 

Un regard d’enquêteur 

D’autres ont choisi de travailler sur les pattes ou encore sur les formes des cornes et des bois comme Tim. « Ce workshop nous a permis d’accéder à des zones inconnues et de travailler sur des choses sur lesquelles nous n’avions pas l’habitude de nous exercer », affirme d’ailleurs ce dernier.
En parallèle, les huit étudiants ont mené un autre travail : constituer une collection photographique pour retranscrire les formes du savoir. Des sols du campus aux livres en passant par les bâtiments, les outils pédagogiques, les panneaux d’affichage et même les selles de vélo et les formes de lunettes… les étudiants ont porté un regard "pop", sensible et décalé et ont proposé des rapprochements volontairement candides, en utilisant l’amusement et l’émerveillement comme moyens. « Pendant nos séances de travail, j’ai essayé de leur transmettre cette approche assez intuitive car ils ne regardaient plus le campus, qu’ils connaissent bien, avec un regard d’enquêteur ; je les ai incités à observer et à découvrir », confie Éric Tabuchi.
Ils investiront, le temps d’une soirée le 16 mai prochain, l’amphithéâtre Daubrée de l’Institut de géologie, pour présenter la première phase de ce travail de recherche. Une autre exposition marquera la fin de la résidence d’Eric Tabuchi à l’automne 2015. L’artiste va en effet poursuivre, jusqu’en septembre prochain, son exploration de ce monde universitaire par lequel il n’a jamais transité, avec « une curiosité et une candeur particulière ».  Floriane Andrey 1La taxinomie est la science de la classification.
2Ce projet est soutenu par l’Initiative d’excellence du programme Investissements d'avenir.
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Investissements d'Avenir
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