Hélène Gass, une championne qui ne manque pas de souffle !

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22/07/16

Vie des campus 

Membre de l’équipe de France d’apnée, recordwoman et championne de France en 2015, la jeune Schilikoise de 23 ans garde pourtant les pieds sur terre et mène de front entraînement sportif, stages, examens et sorties avec ses amis. Comme la plupart des étudiants, elle s’interroge aussi sur son avenir.

Son pendentif en forme de nageoire caudale, Hélène Gass ne s’en sépare jamais, même dans l’eau. Il symbolise son élément, l’aisance et la vitesse dont elle y fait preuve. Sa forme rappelle celle de la monopalme qu’elle enfile, deux fois par semaine, pour l’entraînement, et lors des compétitions. Et pourtant… « Toute petite, je n’aimais pas l’eau. » Et puis, « vers 4 ou 5 ans, j’ai eu envie de nager ». Elle s’inscrit à la natation. Poussée par son père, l’esprit de compétition prend le dessus.
Bon niveau régional en natation, puis triathlon : les capacités sont là, mais l’envie s’étiole. À  17 ou 18 ans, Hélène quitte la natation. Mais n’abandonne pas pour autant les bassins : « J’ai commencé l’apnée il y a quatre ans. D’abord en loisir, puis en mode entraînement sérieux, depuis deux ans. » Et on peut dire que cette discipline lui correspond. Rapidement, ses facilités lui permettent d’accumuler les titres et les records. Jusqu’à ce week-end de la Pentecôte, l’année dernière, où elle rafle coup sur coup le record et la médaille d’or au niveau national.
Sa discipline de prédilection ? L’apnée dynamique, catégorie 16 x 50 m. Un subtil mélange de vitesse et d’endurance. « C’est elle qui m’a choisie ! » L’apnée statique, en revanche, très peu pour elle. « Je m’ennuie trop rapidement ! » Même chose côté vie professionnelle, qu’elle envisage déjà, à la fin de son master Bioinformatique (car on ne vit pas de la pratique de l’apnée, même à haut niveau). Si aucune idée précise ne se dessine, elle sent que « le travail de bureau » n’est pas fait pour elle. À travers son stage de fin d’études au laboratoire ICube, elle espère aussi retrouver une dimension qui lui plaît dans l’apnée : le travail d’équipe. Car si ce sport paraît à première vue éminemment solitaire, « on n’est rien sans les coachs qui nous poussent ». Les siens sont basés au Cetace (Centre d’entraînement technique d’apnée en compétition de l’Est) de Mulhouse et à l’Acal (Aquatic club d’Alsace et de Lorraine), à Strasbourg.

Jamais sans son frère

Cette nécessité de dépasser la solitude intrinsèque de l’apnéiste la suit jusque dans les bassins, où elle entretient une rivalité amicale avec Vanessa Perret, championne montpelliéraine. Elle peut aussi compter sur le soutien sans faille de son frère, d’un an son cadet. « On a toujours tout fait ensemble, la natation puis l’apnée. » Étudiant en école d’informatique, Alexandre, qui truste lui aussi les podiums, a assisté à tous les succès de sa sœur. Mais aussi à ses coups durs.
Comme l'été dernier, aux Mondiaux. Même si elle était sur ses terres mulhousiennes, Hélène a craqué. « C’était la première fois que j’avais envie d’abandonner, alors que d’habitude je souffre uniquement aux entraînements. » Elle termine malgré tout son 16x50 m, à la quatrième place, bien en-dessous de ses temps habituels. Après coup, elle analyse : « Les entraînements ont été plus compliqués au début de l’été et c’est peut-être cela qui m’a manqué ». En effet, les équipements de musculation et d’escalade qu’elle utilise, ceux de l’université, étaient fermés… et la température trop élevée pour courir suffisamment.
Résultat de cette douche froide : « À la rentrée, je n’avais plus envie de remettre un pied dans l’eau ». Depuis, elle reprend doucement le goût de l’effort, touche à d’autres disciplines, notamment la dynamique avec et sans palmes. Retrouve l’envie de repousser ses limites. En ligne de mire : la volonté de dompter sa bête noire : son mental. « Je me mets trop la pression, je suis trop dure avec moi-même. » Joli défi !

Elsa Collobert


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