Histoire et innovation costumières

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20/06/16

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Alors qu’elle s’apprête à boucler sa thèse, Gaëlle Viémont a décidé de participer aux Doctoriales d’Alsace en mai dernier. L’occasion pour elle de présenter aux 33 autres participants son parcours atypique et sa passion. En effet, Gaëlle est costumière et doctorante en arts du spectacle, études théâtrales à l’université.

« Les costumiers sont des artistes méconnus et j’avais à cœur de défendre ce métier et de le faire (re)connaître, explique la doctorante passionnée. La thèse me paraissait une belle opportunité ». Depuis son plus jeune âge, Gaëlle aime utiliser ses mains. Sa mère les initie elle et son frère à la couture et à toutes sortes de loisirs créatifs. « Adolescente, j’étais passionnée par l’heroic fantasy, et les films dits « en costumes ». Un jour, j’ai voulu confectionner une robe style Empire, raconte Gaëlle. Ma maman doutait que j’y parvienne, mais j’ai relevé le défi. J’y ai passé des heures et des heures et j’ai réalisé que cela me plaisait énormément ! » Plusieurs tenues de fantaisie plus tard, et le bac en poche, la jeune fille part à Lyon pour préparer un diplôme des métiers d’art (DMA) de costumier réalisateur. « J’ai suivi des cours de couture tous les samedis auprès d’un professeur de CFA et de dessin dans un atelier pour parvenir à entrer au DMA. Pendant ces deux ans, j’ai beaucoup appris mais beaucoup souffert aussi. Cela s’apparentait à une classe prépa, mais artistique ». Grâce à une VA, Gaëlle poursuit à l’Université de Strasbourg en troisième année de licence puis en master. En plus de son master 2, elle entre à l’Ecole nationale supérieure des arts et techniques du théâtre de Lyon pour y préparer un diplôme de concepteur costume.

Costumiers, un art à part entière

« Lors de ma formation et de mes différentes expériences professionnelles, j’ai été frappée du manque de considération portée à ce métier, en comparaison par exemple aux scénographes. Le salaire entre les deux varie souvent du simple au double. Au-delà des aspects financiers, la costumière est souvent considérée comme quelqu’un de malléable ». L’un des principaux enjeux de son travail de recherche est bel et bien de réfuter cette idée. « Le costumier ne travaille pas à fabriquer des vêtements mais bien à habiller un corps, un comédien habité par un personnage. Tout cela entre en ligne de compte dans le travail créatif. Les costumiers sont de véritables orfèvres d’un art dramaturgique sans nom ».

Au cours de ces presque cinq années de thèse, le travail de Gaëlle s’est décomposé en trois temps. Elle a d’abord essayé de comprendre l’origine de cette branche professionnelle et de cette appellation et pourquoi cette discipline n’a pas de nom (contrairement à la scénographie). « Ensuite, je ne pouvais que constater que 90% des costumiers sont en fait des costumières. J’ai donc voulu aborder l’histoire au travers d’une lecture genrée ». Pour rester au plus près du terrain et recueillir la parole des costumiers, Gaëlle a continué d’exercer son métier premier. Enfin, elle s’est concentrée sur l’étude de la carrière de Dominique Fabrègue, une remarquable costumière aujourd’hui retraitée et avec qui elle a pu travailler. Celle-ci a mis au point une méthode innovante de coupe en un morceau qui permet à la fois un ajustement extrême et la liberté de mouvement. « Je voulais que son travail soit reconnu comme une œuvre d’art et surtout qu’il puisse se transmettre ». Les doctoriales lui ont d’ailleurs permis de mettre à jour l’innovation développée par son mentor et elle en est repartie avec de nombreuses perspectives en tête. Pourquoi pas d’ici quelques années, créer une entreprise pour perpétuer le savoir-faire de cette grande dame.


Anne-Isabelle Bischoff

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