Hugo, étudiant en 3e année de licence (Faculté de physique & ingénierie)

16/04/2020

Hugo est étudiant en 3e année de licence Physique à la Faculté de physique & ingénierie

« Ce confinement, c’est un changement de rythme brutal et déstabilisant. Quatre heures de cours sur ordinateur, ça ne demande pas la même concentration qu’en présentiel. Il n’y a pas l’interaction avec le prof et les potes. On en sort lessivés !

Avec ses formules mathématiques, la physique ne fait pas partie des matières les plus adaptées à l’enseignement à distance (EAD)… Dans notre promo, nous avons encore de la chance : tout le monde a un ordinateur et on a réussi à installer les logiciels essentiels. La direction de la faculté y a été très attentive. On nous a aussi rassurés : l’évaluation de fin de semestre sera bienveillante. Dans un courriel commun au doyen, on s’était inquiétés des modalités d’évaluation : quelle égalité dans un devoir sur table derrière une webcam alors que certains n’ont pas de micro, une mauvaise connexion... ?
On voit bien que pour nos profs, c’est aussi la grande débrouille : certains font cours sur leur tablette ou leur téléphone portable.

Le fait d’avoir maintenant une date de fin de confinement m’a, d’une certaine manière, soulagé. Avant, on était dans le flou, maintenant on est fixés, on ne va pas revenir faire nos épreuves en présentiel. Car la plus grande angoisse reste l’incertitude : on ne travaille pas ses cours de la même manière si on est évalué sur table ou à distance.
Notre projet tuteuré est maintenu ‘’en télétravail’’, mais ça ne rime pas à grand-chose : toutes les données sont sur un ordinateur de la faculté et les manipulations impossible…

J’avais l’habitude de faire beaucoup de choses en dehors des cours : danse, violon au Conservatoire. Ça rythmait mes journées. Là, je m’organise comme je veux, alors forcément j’ai tendance à être moins efficace et à tout boucler en fin de journée… Je reste des heures à mon bureau, dans ma chambre, sur mon écran d’ordinateur.
Et encore, j’ai bien conscience d’être un privilégié : je suis confiné en famille, dans un grand appartement.

Pendant et en dehors des cours, je suis assistant d’études de Victor, porteur d’une paralysie cérébrale. Il est rentré chez ses parents. On continue à s’entraider, notamment par visio, mais là où je l’aidais à écrire, il faut maintenant que sa mère soit là pour le faire. C’est tout un équilibre qui est remis en cause… »

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