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Le pragmatisme et ses critiques

  • Cours (CM) 24h
  • Cours intégrés (CI) -
  • Travaux dirigés (TD) 12h
  • Travaux pratiques (TP) -
  • Travail étudiant (TE) 64h

Langue de l'enseignement : Français

Description du contenu de l'enseignement

Le pragmatisme et ses critiques

Le pragmatisme est un courant intellectuel et philosophique qui s’est développé aux États-Unis depuis les années 1870 jusqu’au milieu du XXe siècle, avec les travaux de trois penseurs en particulier : Charles Sanders Peirce (1839-1914), William James (1842-1910) et John Dewey (1859-1952). Il nait d’une critique de la métaphysique traditionnelle, d’une réflexion sur la méthode scientifique et le statut de la vérité, ainsi que d’une mise au jour des conditions sociales de la production d’un savoir. D’abord forgé par Peirce comme une méthode de définition des concepts et de clarification des significations inspirée de la démarche scientifique, le pragmatisme est repris et transformé par James puis Dewey jusqu’à englober toutes les sphères de la réflexion philosophique. Dans ses différentes versions, il a pour ambition de dépasser la séparation classique entre théorie et pratique, en montrant que la seconde conditionne largement la première : la théorie n’est pas indépendante (ni dans sa genèse, ni dans sa valeur) des usages qu’il est possible d’en faire.
Mais le pragmatisme a également été la cible de nombreuses critiques : on lui reprocha notamment de nourrir un anti-intellectualisme, de s’appuyer sur un matérialisme étroit, d’être une simple reformulation du sens commun sans réelle densité philosophique, ou encore de fournir une philosophie d’entrepreneur répondant aux exigences du capitalisme américain contemporain.
Après une introduction générale portant sur les enjeux historiques et le contexte américain (scientifique, philosophique, social) de la formation du pragmatisme, nous nous concentrerons successivement sur certaines thèses centrales de Peirce, James et Dewey relativement à la définition de la vérité et de la méthode scientifique. Nous étudierons également certaines grandes critiques (épistémologiques, philosophiques, politiques) adressées à la position pragmatis te en général ou à certains de ses représentants, afin d’en évaluer la pertinence et les limites.

Bibliographie :

I/ Principaux textes qui seront étudiés au cours du semestre :
  • Dewey, John, La quête de certitude. Une étude de la relation entre connaissance et action, Paris, Gallimard, 2014.
  • Dewey, John, L’influence de Darwin sur la philosophie et autres essais de philosophie contemporaine (1910), Paris, Gallimard, 2016. Voir chapitres 4 à 11.
  • James, William, Le pragmatisme (1909), Paris, Flammarion, 2007.
  • James, William, La signification de la vérité. Une suite au Pragmatisme (1909), Paris, Éd. Antipodes, 1998.
  • Peirce, Charles Sanders, Œuvres I. Pragmatisme et pragmaticisme, trad. Claudine Tiercelin et Pierre Thibaud, Paris, Les Éditions du Cerf, 2002. Voir en particulier : « Comment se fixe la croyance » (1878), p. 215-236, et « Comment rendre nos idées claires » (1878), p. 237-260.
  • Peirce, Charles Sanders, Œuvres II. Pragmatisme et sciences normatives, dir. Claudine Tiercelin et Pierre Thibaud, Paris, Les Éditions du Cerf, 2003. Voir en particulier : « Définitions » (1902), p. 13-23, et « La nature du pragmatisme » (1905), p. 25-45.

II/ Ouvrages généraux sur le pragmatisme et la philosophie américaine :
  • Cometti, Jean-Pierre, Qu’est-ce que le pragmatisme ?, Paris, Gallimard, 2010.
  • Deledalle, Gérard, Le pragmatisme, textes choisis, Paris, Bordas, 1971.
  • Deledalle, Gérard, La philosophie américaine, Lausanne, L’âge d’homme, 1983.
  • Gaultier, Benoît, Qu’est-ce que le pragmatisme ?, Paris, Vrin, 2016.

 

Bibliographie, lectures recommandées

  • Spinoza : L’appendice dans L’éthique.
  • Voltaire : « causes finales » dans le Dictionnaire philosophique.
  • Kant : Critique de la faculté de juger § 63-66
  • Colas Duflo La finalité dans la nature: de Descartes à Kant, PUF
  • Jean Gayon et Armand de Ricqlès (éditeurs) 2010 : Les fonctions : des organismes aux artefacts.
  • Ernst Mayr : Histoire de la biologie. De Darwin à nos jours (tome 2).
  • C. Bernard [1865], Introduction à l’étude de la médecine expérimentale, Paris, Le livre de poche, 2008.
  • G. Canguilhem, Le normal et le pathologique, Paris, PUF, 1966.
  • A. Fagot-Largeault, Philosophie et médecine, Paris, PUF, 2010.
  • J. Gayon, « Epistémologie de la médecine », dans Lecourt D. (dir.), Dictionnaire de la pensée médicale, Paris, PUF, 2004, pp. 430-39.
  • E. Giroux, Après Canguilhem, Définir la santé et la maladie, Paris, PUF, 2010.
  • E. Giroux, « Philosophie de la médecine », dans A. Barberousse, D. Bonnay et M. Cozic (dir.), Précis de philosophie des sciences, Vuibert, 2011, pp. 404-441.
  • H. R. Wulff, S. A. Pedersen et R. Rosenberg, Invitation à la philosophie de la médecine, Montpellier, Sauramps médical, 1993.
     

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