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Questions en débat CM

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Langue de l'enseignement : Français

Description du contenu de l'enseignement

Les deux volets de ce cours proposent d’entremêler pensée écologique et philosophie, jusqu’à — peut-être ? — les rendre indissociables.Dans une première approche, il sera vu que l'idée de "Nature", telle que l'envisagent les philosophes de la modernité, a fait long feu... La "pensée écologique" la récuse désormais et la considère comme un obstacle épistémologique majeur. Pour elle la "nature" relève en effet du fantasme judéo-chrétien de la pureté originelle. Beaucoup prétendent encore la défendre, tel un chef d’œuvre en péril, contre l'avidité consumériste et l'exploitation aveugle des ressources. Mais ce n'est pas tant la "vie sauvage" qu'ils protègent ainsi, qu'un préjugé rassurant sur leur représentation du vivant. Concevoir la "Nature" de la sorte, c'est encore la maintenir à distance dans une certaine condescendance. C'est oublier que l'être humain fait partie d'un maillage complexe de vivants liés par une coexistence fondamentale. Nous proposons d'étudier celui-ci, notamment à l'aide de Leibniz, M. Heidegger, M. Serres, J.-P. Dupuy, T. Morton et B. Latour. Nous aborderons, plus particulièrement, les principes d'une éthique de la terre et les rapports, entièrement renouvelés, que l'homme entretient aujourd'hui avec le règne animal.
Le second volet partira de l'hypothèse de l’auto-formation de la biosphère, pour disqualifier une ontologie statique des substances (qui assigne à la connaissance du vivant un rôle périphérique), au profit d’un examen des processus. La théorie des systèmes (L. von Bertalanffy), la cybernétique (N. Wiener) et les auteurs qui s’en inspirent (notamment G. Bateson) fournissent un outillage conceptuel dans lequel nous pourrons puiser. Nous retrouverons ces intuitions dans la biologie (J. Lovelock, M.-A. Selosse, S. Mancuso) et l’anthropologie contemporaine (Ph. Descola, T. Ingold, J. C. Scott), qui nous invitent à abandonner et le concept de nature et l’anthropocentrisme ou l'égocentrisme au profit de l’ interdépendance. C’est une telle attention, singulière dans notre histoire intellectuelle, qui guide des pratiques horticoles telles que la permaculture (B. Mollison et D. Holmgren) et ses variantes, comme l’agriculture sauvage de M. Fukuoka. Nous verrons également que les pensées de l’interdépendance et des processus ont leurs antécédents historiques en Extrême-Orient, chez Zhuangzi et dans le bouddhisme. On leur trouvera certains échos philosophiques au XXe siècle chez J. Dewey.



 

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