Fusions d’universités : Bilan, retours d’expérience et perspectives

17/10/2019

Dans le cadre de ses 10 années d’existence, l’Université de Strasbourg a organisé un colloque d’ambition européenne avec pour objectif de porter une réflexion sur les processus de regroupements-fusions des universités françaises et européennes. Présidents d’universités françaises et européennes, décideurs du monde de l’enseignement supérieur et de la recherche et des collectivités territoriales se sont réunis autour de cinq tables-rondes, les 10 et 11 octobre, pour partager leurs expériences et porter un regard sur le futur de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Les différents acteurs des regroupements universitaires : universités, collectivités, ministères

Quatre intervenants, quatre témoignages d’acteurs des fusions universitaires pour en appréhender toutes les facettes. Processus longs et complexes demandant beaucoup de préparation et de dialogue, les fusions ont réussi à donner naissance à des universités nouvelles et complètes qui ont su préserver leurs composantes, leur offre de formation et dont l’activité de recherche est ressortie bénéficiaire. Comme le soulignent plusieurs intervenants, le milieu universitaire est capable de porter ces changements organisationnels majeurs dans un cadre très contraint et des délais très courts, au prix d’un très gros travail.

Présidence et animation : Yvon Berland, Président honoraire de Aix-Marseille Université

Participants :

  • Dominique d’Ambra, Professeure de droit privé, actrice et témoin de la fusion strasbourgeoise
  • Joris Benelle, Directeur général des services de l’Université Grenoble Alpes
  • Philippe Bézagu, Inspecteur général de l'administration de l'Education nationale et de la Recherche
  • Robert Herrmann, Président de l’Eurométropole de Strasbourg

Retours d’expérience de fusions d’universités en Europe

Les fusions d’universités ne sont pas une obsession, ni même une exception française. De nombreux établissements à travers l’Europe ont connu des regroupements ces 10 dernières années. Il n’existe pas de modèle de fusion, ni de mode d’emploi pour mener un regroupement, car chaque établissement a sa propre histoire, qui s’inscrit dans un contexte national. Deux points communs, néanmoins, en tous cas aux fusions présentées lors de cette table ronde : une forte volonté politique nationale pour impulser le mouvement de concentration des universités, et une période de stress plus ou moins marquée pour les personnels pendant quelques années.

Présidence et animation : Jean Chambaz, président de Sorbonne Université

Participants :

  • Alain Beretz, chargé de mission « universités européennes » auprès du Premier Ministre Édouard Philippe
  • Vincent Blondel, recteur de l’Université catholique de Louvain
  • Boris Walbaum, fondateur-directeur général du cabinet Dual Conseil
  • Henrik Wegener, recteur de l’Université de Copenhague

Les fusions d’universités dans un régime d’autonomie

C’est trois poids lourds universitaires, à l’identité forte dans leur territoire et aux nombreux points communs (à commencer par leur Idex confirmé depuis 2016) qui ont pris place autour de la table pour ce troisième temps-fort de la première journée du colloque. A leurs côtés, Sorbonne Université, fusionnée plus récemment et à la visibilité plus diluée dans l’offre de formation pléthorique de la région parisienne, des mots même de son président.

Tous se sont toutefois accordés sur le rôle central de la fusion pour favoriser le dialogue des disciplines et la diversité des composantes, tant dans leur taille que dans leurs moyens. Au prix parfois d’une réorganisation drastique.

Présidence et animation par Yves Lichtenberger, professeur émérite de l’Université de Paris-Est Marne-la-Vallée

Participants :

  • Yvon Berland, président honoraire de Aix-Marseille Université
  • Jean Chambaz, président de Sorbonne Université
  • Michel Deneken, président de l’Université de Strasbourg
  • Manuel Tunon de Lara, président de l’Université de Bordeaux

Quelles perspectives, quels modèles pour les Universités ? Quels nouveaux projets mobilisateurs pour l’avenir ?

Trois intervenants pour trois histoires d’universités avec un point commun qui est une notion nouvelle dans le paysage universitaire : la stratégie d’établissement. La Rochelle, avec ses 9000 étudiants a fait le choix de la spécialisation en se concentrant sur une thématique transversale : le développement durable en zone littorale. Lille, fusionnée en 2018, est passé de 35 à 25 composantes et envisage d’atteindre les 10 composantes pour 72 000 étudiants. Bordeaux, fusionnée en 2014 continue à développer un projet d’établissement avec un fort ancrage territorial. Autant d’expériences uniques et spécifiques de l’évolution de l’enseignement supérieur et de la recherche au travers de modifications structurelles et politiques.

Présidence et animation : Michel Deneken, Président de l’Université de Strasbourg.

Participants :

  • Jean-Marc Ogier, Président de l’Université de La Rochelle
  • Nicolas Postel, Premier Vice-président en charge du pilotage de l’Université de Lille
  • Manuel Tunon de Lara, Président de l’Université de Bordeaux

Les stratégies d’universités en lien avec leurs territoires et le monde socio-économique ?

Est-ce que l’université apparaît comme un acteur stratégique ? Est-ce que la stratégie portée par les universités est prise en compte par les collectivités, le monde de l’entreprise ou les organismes de tutelles ? Pour l’ensemble des participants la réponse est bien positive. C’est plus la question d’une meilleure articulation des stratégies entre les différentes parties qui se pose aujourd’hui. Un élément qui doit tenir compte de l’organisation de chacun et surtout des situations qui sont propres à chaque territoire.

Présidence et animation par Manuel Tunon de Lara, Président de l’Université de Bordeaux

Participants :

  • Virginie Bonnaillie-Noël, CNRS, Directrice de la Direction d'Appui aux partenariats Publics
  • Bernard Meunier, Président de la Fondation pour la Recherche en Chimie.
  • Marie-José Navarre, Directrice Générale Déléguée de Lohr
  • Bruno Sportisse, Président-directeur général de l'Inria,
  • François Werner, Vice-président à la coordination des politiques européennes, Enseignement supérieur et Recherche de la région Grand Est.

À lire également à propos des processus de fusions

Effets de la Loi organique relative aux lois de finances (Lolf) sur l’université, complexité des fusions d’un point de vue juridique, question des financements, précarisation… sont autant de thématiques abordées dans l’ouvrage collectif Les reconfigurations des universités françaises : entre influences internationales et particularismes nationaux. Romuald Normand, chercheur au laboratoire Sociétés, acteurs, gouvernement en Europe (Sage) de l'Université de Strasbourg, s'exprime au sujet de cet ouvrage sur le portail de l'actualité de la recherche.

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