Les grands débats de l'Université de Strasbourg - 2014/2015

En raison de sa position géographique au carrefour de l’Europe, de son histoire et de la présence de la question européenne dans de nombreuses formations, l’Université de Strasbourg est destinée plus que toute autre université en France à susciter, pour ses étudiants et l’ensemble de la cité, de vrais débats sur l’Europe. Cette année, quatre grands rendez-vous sont programmés. Le principe : un grand témoin répond aux questions d'un modérateur universitaire et d'un panel de deux étudiants concernés avant d'interagir avec le public.

Cette première édition est organisée à l’initiative de la vice-présidence Sciences en société et financée par le levier socio-culturel de l’Initiative d’excellence du programme Investissements d’avenir en partenariat avec Strasbourg Eurométropole.

Affiche des Grands débats de l'Université de Strasbourg

Jeudi 19 mars 2015 : Investir pour l’Europe de l’avenir

De 18h30 à 20h, Lieu d’Europe

Avec Philippe Herzog, professeur des universités, ancien député européen, en dialogue avec Michel Dévoluy, professeur émérite à l’Université de Strasbourg avec la participation des étudiants de la Faculté des sciences économiques et de gestion (Master Macroéconomie et politiques européennes).

L’accroissement du chômage et du sous-emploi en Europe est considérable et va de pair avec l’accroissement des inégalités. La réponse que cherchent les pouvoirs publics, c’est la croissance. Mais actuellement, l’Europe est en stagnation et même si un mieux est annoncé pour 2015-2016, l’avenir est plus qu’incertain. De plus, c’est une croissance d’un type nouveau qui est souhaitée face aux impératifs écologiques, d’équité intergénérationnelle et de cohésion sociale. Les moteurs d’une sortie de crise sont les investissements d’avenir mais leur réalisation doit s’inscrire dans un ensemble de réformes structurelles au niveau des Etats et de l’Union économique et monétaire. Cela appelle de nouvelles responsabilités budgétaires et financières des institutions publiques et l’on doit reconsidérer le partage des responsabilités.

 

Jeudi 26 mars 2015 : Comment rêver l’Europe de demain ?

De 18h30 à 20h, L’Escarpe, amphi 29

Enrico Letta, ancien président du conseil des ministres italien et cofondateur du think tank EuropaNova, en dialogue avec Vlad Constantinesco, professeur émérite de droit public à l’Université de Strasbourg. Des étudiants de la Faculté de droit (Master Droit de l’Union européenne) ainsi que des étudiants de l’Institut d’études politiques de Strasbourg prendront également part au débat.

La crise économique a conduit à douter de l’Union européenne. Sa politique d’austérité fait l’objet de vives critiques. Les mesures imposées par la Troïka à certains Etats membres ont exaspéré les tensions sociales et ravivé la méfiance entre les pays européens. Elles ont laissé craindre la constitution d’une Europe à deux vitesses. De plus, l’action de l’Union européenne à ses portes, comme en Ukraine, ne convainc guère. Les négociations engagées dans le cadre du traité transatlantique pas davantage. En envoyant à Strasbourg en mai dernier une forte proportion de députés eurosceptiques, voire même anti-européens, les citoyens ont adressé à l’Union un message clair. La nouvelle Commission européenne, présidée par Jean-Claude Juncker, est ainsi au pied du mur et nombreux sont les défis qu’il lui faut relever. Quels projets pour l’Union de demain ? Comment relancer l’économie européenne, affirmer la place de l’Union dans le monde, restaurer la confiance des citoyens ? Comment, surtout, donner davantage de sens à l’Union en précisant ses finalités ?     

Jeudi 9 avril 2015 : Ré-enchanter l’Europe par la culture ?

De 18h30 à 20h, Faculté de droit, Amphi Carré de Malberg

Catherine Trautmann, ancienne ministre, ancienne députée, ancienne parlementaire européenne, ancienne maire de Strasbourg, vice-présidente de l’Eurométropole de Strasbourg, en dialogue avec Marine de Lasalle, maître de conférences en sciences politiques à l’Université de Strasbourg accompagnée des étudiants de l’Institut d’études politiques de Strasbourg (Master Politique et gestion de la culture).

L’Europe est un continent de culture. Que l’on pense au Hamlet de Shakespeare, au David de Michelangelo, aux Nocturnes de Chopin, à la pensée de Platon, de Kant ou de Havel, à la Laitière de Vermeer, au Barcelone de Gaudi, aux films de Bergman, au Misanthrope de Molière, au fado, partout la culture est présente. Cette culture qui a fait la grandeur de l’Europe. Elle lui a permis de diffuser ses valeurs, ses idées, son art. Alors que l’Europe traverse aujourd’hui une crise sans précédent, sur le plan économique et politique, qu’elle peine à se fixer des objectifs, que ses finalités restent floues, la culture permettrait-elle de ré-enchanter l’Europe, de proposer de nouveaux modèles de société et de nouveaux buts à l’Union, de redonner confiance à des citoyens européens en manque de repères ?  

Jeudi 16 avril 2015 : Le dialogue interculturel en Europe est-il possible ?

De 18h30 à 20h, Faculté de droit, Amphi Carré de Malberg

Guido Bellatti Ceccoli, juriste et docteur en philosophie, ambassadeur du Saint-Marin auprès du Conseil de l’Europe, en dialogue avec Frédéric Rognon, professeur de philosophie à l’Université de Strasbourg avec la participation des étudiants de la Faculté de théologie protestante.

L’Europe a été secouée en janvier et en février de cette année par des attentats, en France et au Danemark, qui s’en prenaient aux libertés d’expression et de religion. Or l’Europe s’est construite, au moins depuis la naissance des institutions européennes, sur une culture du dialogue et de la mixité, culturelle et religieuse. Le spectre de nouvelles guerres de religion est-il redevenu une menace en Europe ? Est-il une fatalité ? Ou le dialogue interreligieux et interculturel est-il encore possible ? Quel est le rôle joué par les "Rencontres annuelles du Conseil de l'Europe sur la dimension religieuse du dialogue interculturel", de 2007 à nos jours ? C’est sur les conditions mêmes d’un tel dialogue et sur sa pertinence dans nos sociétés que le débat de ce soir entend revenir.