Centre de primatologie de l’Université de Strasbourg

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Historique

Vue aérienne du centre de primatologie

Le Centre de Primatologie (CdP) de l’Université de Strasbourg (Unistra) a été créé par Nicolas Herrenschmidt en 1978 sur les fondations existantes d’une forteresse construite par les Allemands en 1870 à la périphérie de Strasbourg.
Ce lieu unique en Europe s’étend sur 7 hectares de terrain boisé, aménagé pour accueillir des primates d’une dizaine d’espèces différentes.

L’isolement géographique et les espaces disponibles offrent un cadre idéal pour étudier les primates en conditions de semi-liberté.
En effet, nombre d’études nécessitent des observations dans le calme des animaux en groupe sociaux avec un minimum de nuisances extérieures (urbanisme, bruits, public…).
L’accès au site est donc restreint aux professionnels (chercheurs, étudiants, vétérinaires, soigneurs animaliers) et aux autorités de contrôles de l’Etat (services vétérinaires, Ministère de la Recherche…).

Reconnu internationalement, membre du réseau européen des centres de primatologie EuprimNet, le site héberge en moyenne 800 animaux sous la supervision d’une équipe spécialisée de 25 personnes (éthologues, chercheurs, vétérinaires, soigneurs animaliers). Cette équipe est adossée à une structure chargée du bien-être animal (SBEA) et à un comité d’éthique externe indépendant.

A ce jour, les missions du CdP sont la recherche sur le comportement animal et les sciences cognitives, la formation, la conservation des espèces et l’accueil en retraite des singes de laboratoire.

Recherche

Des étudiants en situation d'observation au centre de primatologie

Les missions du CdP reprennent celles de l’Université de Strasbourg, dont il dépend, à savoir offrir un outil de recherche et de formation dans le respect de la réglementation et du bien-être animal.

Le primate est au cœur des grands questionnements sur nos origines et, par sa proximité avec l’Homme, s’avère un modèle précieux pour la compréhension de certains processus cognitifs.

Ainsi, au Centre de Primatologie, une approche pluridisciplinaire permet, à travers des observations comportementales, d’étudier les capacités cognitives de ces animaux et d’appréhender notamment :

  • Les processus mnésiques et attentionnels, et l’impact du vieillissement sur ceux-ci
  • Les précurseurs de la théorie de l’esprit – perception de l’attention, des intentions, perspective-tacking
  • L’influence du système social sur les performances cognitives, la communication, les processus décisionnels mis en jeu
  • La latéralité manuelle et les origines du langage humain
  • Le développement d’un nouvel outil, - éthique autonome et automatisé - adapté à l’étude des performances cognitives individuelles chez des primates vivant en groupes sociaux et laissés en semi-liberté.

Les espèces étudiées sont des macaques (Macaca mulatta, M. tonkeana, M. fascicularis), des capucins (Cebus capucinus, C. apella), des lémuriens (Eulemur fulvus, E. macaco) et des ouistitis (Callithrix jacchus)

Les espèces étudiées sont des macaques, des capucins, des lémuriens et des ouistitis

Des travaux en éthologie appliquée sont aussi conduits pour améliorer nos connaissances sur :

  • L’enrichissement du milieu : conception, évaluation, mise en place
  • L’entraînement à coopérer aux soins et manipulations
  • L’optimisation du bien-être des animaux en captivité

Le CdP est impliqué dans de nombreuses associations et sociétés savantes dans une démarche de partage des savoir-faire et des connaissances :

Services associés

Adossée au centre de primatologie de l’Université de Strasbourg, la plateforme Silabe assure l’entretien et les soins aux animaux du site. Silabe propose des services aux acteurs de la recherche biomédicale en Europe dans les domaines suivants :

  • Approvisionnement en animaux d’élevage (macaques, marmousets, vervets)
  • Fourniture de produits biologiques (sérum, plasma…)
  • Etudes pré-cliniques

Une réglementation exigeante encadre l’utilisation d’animaux en recherche, et encore plus spécifiquement celle des primates non humains. La règle des 3R (Réduire, Remplacer, Raffiner) constitue le fondement de la démarche éthique appliquée à l’expérimentation animale, et c’est dans ce cadre que Silabe s’est engagé dans une démarche de développement de méthodes moins invasives pour la mise en œuvre de ses activités. Les animaux utilisés sont issus d’élevage contrôlés, ils ne proviennent pas de captures dans la nature et ne mettent en aucun cas en péril les populations sauvages. Tous les projets conduits sur le site sont soumis à l’avis d’un comité d’éthique indépendant et sont conditionnés par l’obtention d’une autorisation du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

Les installations sont régulièrement inspectées par les services de l’Etat, l’établissement et les personnels disposent des agréments et autorisations conformes aux domaines d’activités déployés sur le site.

Un système de management de la qualité certifié selon la norme ISO 9001 garantit la traçabilité et l’excellence des services. De plus, dans un souci permanent d’amélioration du bien-être animal, la plateforme Silabe est également accréditée AAALAC. Cette organisation internationale évalue les établissements pour la qualité de leurs démarches de protection des animaux de laboratoire et leur engagement à traiter et à utiliser les animaux de manière responsable.

Pour en savoir plus sur la Recherche Animale en France: http://www.recherche-animale.org/

Publications

Ci-dessous une liste non exhaustive des publications majeures les plus récentes:

Meunier H. (2017). Do monkeys have a theory of mind? How to answer the question? Neuroscience and Biobehavioral Reviews.

Fizet J, Rimele A, Pebayle T, Cassel JC, Kelche C & Meunier H. (2017). An autonomous, automated and mobile device to concurrently assess several cognitive functions in group-living non-human primates. Neurobiology of Learning and  Memory, 145:45-58. 

Canteloup C & Meunier H. (2017). ‘Unwilling’ versus ‘unable’: Tonkean macaques’ understanding of human intentional action. PeerJ, 5: e3227.

Canteloup C, Poitrasson I, Anderson JR, Poulin N & Meunier H. (2017). Factors influencing deceptive behaviours in Tonkean macaques (Macaca tonkeana). Behavior.

Fizet J, Cassel JC, Kelche C & Meunier H. (2016). A review of the 5-Choice Serial Reaction Time (5-CSRT) task in different vertebrate models. Neuroscience and Biobehavioral Reviews, 71:135-153.

Bardo A, Borel A, Meunier H, Guéry JP & Pouydebat E. (2016). Behavioral and functional strategies during tool use tasks in bonobos. American Journal of Physical Anthropology, 161:125-40.

Canteloup C, Piraux E, Poulin N & Meunier H. (2016). Do Tonkean macaques (Macaca tonkeana) perceive what conspecifics do and do not see? PeerJ, 4: e169.

 

Consultez la liste des publications précédentes

Formation

Le site accueille des étudiants et des professionnels dans le cadre de formations spécifiques en primatologie :

Conservation des espèces

Toutes les espèces de primates sont protégées par la convention de Washington (CITES), qui régule depuis 1976 leur commerce et leurs échanges entre pays signataires. Les primates hébergés au CdP ne proviennent pas de prélèvements dans les populations sauvages vivant dans la nature, mais ils sont nés en captivité depuis de nombreuses générations et sont impliqués dans des programmes de conservation au niveau Européen (EEP - European Endangered species Programme). Ces caractéristiques permettent une gestion optimale de la génétique des populations en parcs zoologiques. Les observations menées au CDP contribuent à la protection de ces espèces en améliorant nos connaissances à leur sujet (spécificités sociales, comportements, biologie, reproduction).

Une retraite pour les singes de laboratoire

Devant le besoin manifeste de la société civile et des chercheurs de trouver une solution pour les primates qui pourraient être replacés à l’issue d’une procédure expérimentale, le CdP accueille depuis de nombreuses années des animaux ayant été utilisés en expérimentation. Les primates étant des animaux sociaux, le CdP a ainsi mis au point des protocoles et méthodes de réadaptation dans le respect du bien-être animal.

L’accueil de ces animaux est pour l’instant ponctuel. Cependant, un projet de zone sanctuaire dédiée est à l’étude, notamment par rapport à la soutenabilité financière (retraite de plusieurs années).

FAQ

Le terme primatologue désigne des experts scientifiques qui travaillent avec des primates mais ce terme généraliste peut désigner des experts des primates en écologie, en conservation, en biologie, en anthropologie ou encore en comportement. Nous développerons ici la carrière à effectuer pour devenir éthologue-primatologue, soit un spécialiste du comportement des primates. Les postes pour ces profils sont rares (CNRS, Université, MNHN…), il faut entreprendre de longues études et faire preuve de beaucoup de motivation et d’engagement personnel dans l’acquisition de connaissances et la recherche de stages.

Les cursus qui mènent à ces métiers passent par :

  • Une Licence (Bac+3) en biologie ou en psychologie
  • Un Master (Bac +5) axé sur le comportement animal ou les neurosciences.
  • Une Thèse (Bac +8), si le poste visé implique de la recherche et/ou de l’enseignement

Les Masters ouvrant à l’éthologie en France :

Le Museum National d’Histoire Naturelle propose en complément une formation en Primatologie ouverte aux étudiants de Master.

À l’étranger :

Les métiers de soigneur animalier (en parc zoologique) ou technicien animalier (en laboratoire) sont accessibles avec une formation niveau Bac pro ou Bac +2.

Les animaliers sont responsables du bien-être et de la bonne santé des animaux captifs. Ils sont chargés de les nourrir et d'entretenir les hébergements, de mettre en place les enrichissements, d’aider pour les captures, les manipulations et les soins.

Soigneur en zoo

Toutes les informations sur le site suivant : 

TEA (technicien en expérimentation animale)

Nombreux débouchés

Le Centre de Primatologie accueille chaque année des stagiaires dans les disciplines suivantes :

  • Parcours Recherche – Comportement des primates : à partir du Master 1, durée minimale de stage 6 semaines.
  • Parcours Vétérinaire : à partir de la 3eme année du cursus ENV, durée minimale de stage 3 semaines.
  • Parcours Technicien animalier : 1er/Term Bac Pro

Le nombre de candidatures étant important, la sélection se base sur les critères de cursus pré-cités et sur l’envoi d’un CV, d’une lettre de motivation et de références/recommandations.

Un entretien sera proposé aux candidats dont les CV auront été retenus.

Tout stage doit se faire sous couvert d’une convention de stage avec un organisme de tutelle.

Des précautions en matière de santé sont demandées (visite médicale préalable). L’hébergement et les déplacements sont à la charge du stagiaire, le site ne permettant pas de proposer des logements sur place.

En dehors de stages envisageables dans le cadre de cursus professionnels qui doivent être encadrés par une structure de tutelle (Université, CNRS, ENV…), il est possible à titre personnel d’envisager un séjour bénévole avec des organismes qui œuvrent à la conservation des primates. Il existe plusieurs sanctuaires qui accueillent des bénévoles, attention néanmoins à bien vous informer des conditions (voyage et frais de restauration ou hébergement souvent à votre charge) et des risques selon les pays. Vous pouvez aussi vous engager en finançant des actions.

Primates Afrique :

Primates Indonésie

Madagascar :

Toutes espèces :

Liste non exhaustive.

Par le biais des parcs zoologiques, il est aussi possible découvrir les actions sensibilisation et de protection des espèces menacées, par exemple :

Contact

Information importante

Courriel : primato@unistra.fr