Actualités scientifiques

Colloque international et transdisciplinaire - La dignité du minéral – Cause germanique, cause universelle

Programme (pdf) : Français - Deutch

9-12 mars 2016 / 9.-12. März 2016

  • Maison des Sciences de l’Homme – Alsace
  • Château de Klingenthal, centre de conférences de la Fondation Johann Wolfgang von Goethe (Bâle)
  • Musée de minéralogie de l’Université de Strasbourg

A un moment où la question du droit des animaux est posée avec toujours plus d’insistance, où des biologistes découvrent l’aptitude des végétaux à (ré)agir et interagir, s’interroger sur les formes, passées ou présentes, d’antispécisme en faveur des minéraux apparaît comme un exercice logique et sensé, sous réserve qu’on s’en tienne à une démarche historique et scientifique, y compris, ou surtout pour les formes actuelles de charlatanisme « lithophile » (cf. commerce de « minéraux guérisseurs », etc.).

Le titre principal du colloque, qui associe une notion centrale de l’anthropocentrisme traditionnel au plus « bas » et moins « noble » des trois règnes de la nature est conçu pour interpeller.

Le sous-titre qui délimite un premier cercle d’investigation, l’aire germanophone, correspond à une aire culturelle où le minéral fut manifestement tenu en haute estime, du XVe siècle à nos jours. Giraudoux avait cette conviction d’une Allemagne, particulièrement lithophile, puisque dans Siegfried et le Limousin (1922), il fait dire au personnage principal : « C’est […] un amour physique de la planète, qui nous pousse à aimer la faune et la flore plus que tout autre peuple, […] et aussi à l’aimer (ce qu’elle sent, prodiguant de préférence à nos chimistes et à nos physiciens ses rayons secrets, ses électricités, ses ectoplasmes), dans ses minéraux et ses essences. »

L’ambition du colloque est d’établir la réalité d’une lithophilie germanique, qui constituerait l’envers positif de l’« exploitation » du minéral de temps immémoriaux (préhistoriques et protohistoriques) dans l’espace rhénan et danubien.

Il apparaît assez clairement que les pays germaniques, auxquels les langues européennes doivent tant de désignations de roches, d’éléments chimiques et de minéraux (du gneiss au quartz, du cobalt au nickel, du feldspath à la pechblende…), ont cultivé depuis la fin du Moyen Age par vagues récurrentes l’idée selon laquelle le minéral, ce n’est pas simplement des ressources, mais recouvre peut-être des « entités » dignes d’amour ou, pour user d’une formule moins « sentimentale », dignes de respect.

Trois moments de grande exaltation lithophile sont repérables depuis la fin du Moyen Age.

Le premier, à l’époque du second « rush » sur l’argent dans les monts Métalliques (Erzgebirge), du côté de certains humanistes comme Paul Niavis (v. 1460-1517), ou encore du côté des alchimistes qui, comme on sait, préconisaient de transformer en douceur des métaux « vils », plutôt que de percer les montagnes ou de ravager les lits des rivières pour quelques quintaux de métal « noble ».

Le second grand moment lithophile est le plus connu puisque les acteurs en furent des écrivains, poètes et penseurs universellement connus comme Novalis. A l’époque où la révolution industrielle faisait ses timides débuts en terre germanique, le minéral fut rattaché, sous des formes et à des degrés divers, au monde « animé » au sens étymologique – depuis les corps célestes (dont la Terre dans sa matérialité) aux cristaux singuliers, en passant par les montagnes et les rochers. Des échos persistants de cette lithophilie romantique sont sensibles jusque dans les mouvements symboliste et expressionniste (années 1890 sqq., 1910 sqq.).

Un troisième moment de lithophilie accrue est repérable depuis une dizaine d’années. Outre des pratiques de loisir et de santé, telles l’escalade libre ou la spéléologie/spéléothérapie, assez répandues aujourd’hui en pays germaniques, il se trouve là des écrivains, penseurs, artistes pour tirer leur révérence au minéral, comme par réaction à l’exploitation, déjà effective ou programmée, du pétrole de schiste, des terres rares et des nodules sous-marins.

Les enjeux intellectuels du colloque sont multiples.

On tentera, d’abord, de mettre à jour en termes de faits une lithophilie germanique, tout comme cela avait été tenté pour l’amour des animaux, lors d’un précédent colloque (Rennes 2004), mais ici sur une plus grande durée et, bien sûr, pour une autre thématique.

Ensuite, on confrontera les différentes manifestations de la lithophilie (les productions culturelles de tous ordres mais aussi les pratiques sociales) pour préciser les époques, les lieux et les milieux. Ce faisant, on s’interrogera sur les continuités et les ruptures, similitudes et disparités, d’ordre historique et thématique.

Une attention particulière sera accordée à la sociologie, dans la mesure où déclarer son amour ou son respect du minéral revient à s’opposer au développement technique et industriel voire capitalistique (cf. monnaies métalliques).

Enfin, les approches comparatistes et transnationales, favorisées par la présence au colloque de collègues de disciplines fondamentalement « extraverties », telle la philosophie et la musicologie, permettront d’apprécier, et peut-être aussi de relativiser la singularité germanique dans le domaine.

 

Comité d’organisation

Marc CLUET, Pr. ém. d’Etudes germaniques (Strasbourg)

Anne FELER, MdC en Etudes germaniques (Metz), Secrétaire de la Société Goethe de France

Daniel LANCEREAU, philosophe (Toulouse)

Denis LEYPOLD, Directeur du Musée de Minéralogie de l’Université de Strasbourg

Comité scientifique

Les mêmes

Gerhard HEIDE, Pr. de Minéralogie (Ecole des Mines de Freiberg/Saxe)

Isabelle LABOULAIS, Pr. d’Histoire contemporaine (Strasbourg)

Jean MONDOT, Pr. ém. d’Eudes germaniques (Bordeaux)

Wolfgang RIEDEL, Pr. de Littérature allemande (Université de Würzburg, Académie des Sciences de Bavière)

Marie-Louise STAIBER, Pr. d’Etudes germaniques (Strasbourg), Directrice de l’EA 1341 « Etudes germaniques »

Jean-Marie VALENTIN, Pr. ém. d’études germaniques (Paris-Sorbonne, IUF)

Colloque « Les relations interculturelles entre les pays germaniques et le monde persan de la fin du XVIIIème siècle au XXème siècle »

COLLOQUE INTERNATIONAL 

Les relations interculturelles entre les pays germaniques et le monde persan de la fin du XVIIIème siècle au XXème siècle. Internationale Konferenz „Der interkulturelle Diskurs des deutschsprachigen Raumes und Persiens (18.-20. Jahrhundert): literarische Rezeption, Wissenstransfer, Spiritualität“


Le colloque est ouvert au public. 

Voir le programme - Affiche - Inscription / Anmeldung - Formulaire d'inscription/Anmeldeformular

Organisé par l’Unité de recherche « Études germaniques » (EA 1341), Université de Strasbourg en coopération avec l’Institut de langue et littérature allemandes et d’interculturalité, Unité de Recherche « Identités, Politiques, Sociétés, Espaces », Université du Luxembourg

Responsabilité scientifique / Verantwortung: Christine Maillard – Hamid Tafazoli

CONTACT : Magali Vogt


du 11 au 13 juin 2014 - Salle des Conférences de la MISHA


SEMINAIRE DOCTORAL INTERNATIONAL /INTERNATIONALES DOKTORANDEN-KOLLOQUIUM

SEMINAIRE DOCTORAL INTERNATIONAL

/INTERNATIONALES DOKTORANDEN-KOLLOQUIUM

 

«  A la croisée des cultures : quels enjeux ? Objets,  problématiques, théories »

« Herausforderungen kultureller Begegnungen : Materialien, Fragestellungen , Theorien »

« Challenges of Cultural Encounters: Materials - Problems – Theories »

 

11 juin 2014/11. Juni 2014, 9.15-13.00

 

Lieu /Ort : Maison interuniversitaire des Sciences de l’Homme-Alsace (MISHA), Salle Amériques

 

Organisé sous la responsabilité de  Christine MAILLARD ("Etudes germaniques", EA 1341) Université de Strasbourg 

 

Avec le soutien de l'Ecole doctorale des Humanités

 

Enseignants invités /Gastdozenten :

 

Prof. Dr. Ursula RENNER-HENKE, Universität Duisburg-Essen

Dr. Hamid TAFAZOLI, Université du Luxembourg

Manifestations passées

 

 

  • Un colloque international sera organisé à Wissembourg du 27 au 29 mars par B. Lafond et P. Andersen (Département d'Etudes Allemandes). Thème: Die Rezeptionsliteratur der Frühen Neuzeit. Vous trouverez le programme de ce colloque ci-après.
  • Conférence : Otfried de Wissembourg, un poète fondateur

    Conférencier : Bernard WEIGEL
    Organisation : Barbara LAFOND & Peter ANDERSEN
    Collaboration et soutien financier : Mairie de Wissembourg, EA 1341, Conseil Scientifique, DAAD

    Le vendredi 28 mars 2014 à 19h00

    Lieu : Salle de la Nef, Relais Culturel, Wissembourg

    Entrée libre

    Programme: https://www.unistra.fr/index.php?id=2356

vendredi 14 décembre 2012

CONFERENCE
Dr. Hamid TAFAZOLI (Seattle/Bielefeld) : „Von persischen Räumen europäischer Imaginationen – Verortung von eigen- und fremdkultureller Wahrnehmung in Wissenschaft und Poesie”
organisée par l'EA 1341 Etudes germaniques
CONTACT : secretariat@gis-mg.fr
à la Maison Interuniversitaire des Sciences de l'Homme-Alsace, salle Asie (N° 215)
- plus d'informations ici

JE Protestantisme(s) en Europe du Nord aux XXe et XXIe siècles

25./ 26 mai 2012 

Strasbourg, MISHA, table ronde 

5, allée du Général Rouvillois

Organisé par Frédérique Harry, Université Paris-IV-Sorbonne (EA 3556) & Thomas Mohnike, Université de Strasbourg (EA1341), 

en collaboration avec le Geipe, le Cercle nordique de Strasbourg, l’Association culturelle de St. Pierre- 

le-Jeune et le concours de l'Ambassade de Danemark en France, du Réseau franco-néerlandais et du Centre Norvégien d’Internationalisation de la Recherche et de l’enseignement supérieur (SIU) 

Contact et informations 
tmohnike@unistra.fr 
frederique.harry@gmail.com

COLLOQUE INTERNATIONAL Carl Gustav Jung

COLLOQUE INTERNATIONAL Carl Gustav Jung : arts, sciences et cultures. Pour une réévaluation de l'œuvre « C. G. Jung : Kunst, Wissenschaften, Kulturen. Ein neuer Zugang zum Gesamtwerk » / «C.G. Jung : arts, sciences, and cultures. Towards a new reading of his work».

10, 11 et 12 mai 2012 - Salle des Conférences de la MISHA


Responsables : Christine Maillard et Véronique Liard.

PROGRAMME

Contact : Carole Cordazzo & Christine Maillard . S'incrire avant le 28 avril 2012, par coupon-réponse

25/05/2012

Colloque « (In)visibles cités coloniales » 29-30 mars 2012

Colloque international et pluridisciplinaire : « (In)visibles cités coloniales »

29-30 mars 2012

Lieu : MISHA, Salle de Table Ronde

Colloque Eucor La Semi-Asie et la France

L'Est européen vécu et imaginé dans la littérature et l'histoire

Organisé par Charlotte Krauss, Ariane Lüthi, Genviève Humbert-Knittel

Karl Emil Franzos parlait de « Semi-Asie » en évoquant sa région natale partagée, au XIXe siècle comme aujourd’hui, entre différents pays de l’Est européen : Galicie, Bucovine, ou alors Roumanie, Pologne, Ukraine. Carrefour de cultures et de langues diverses, cet espace a aussi entretenu des liens visibles et invisibles avec la France – ce qui, jusqu’ici, est plutôt passé inaperçu dans le monde de la recherche. Ainsi, tout au long du XIXe et du XXe siècle, la langue et la culture française y servaient de référence, parallèlement à l’allemand. Par ailleurs, la France – Paris, mais aussi l’Alsace – a joué un rôle décisif en tant que destination touristique rêvée ou vécue, pays d’accueil transitoire ou définitif pour de nombreux intellectuels en provenance de Lvov, Czernowitz, Brody et tant d’autres lieux. Que l’on pense à Joseph Roth, Manès Sperber, Soma Morgenstern ou encore au ténor Joseph Schmidt. Après que certaines œuvres littéraires ont été traduites en français, la France a pris connaissance de la « Semi-Asie » entre autres à travers les écrits de Paul Celan. Ce dernier fut d’ailleurs un des premiers à souligner l’importance de l’œuvre de Franzos, auteur célèbre de son vivant mais longtemps tombé en oubli.

Ce colloque se propose d’interroger le dialogue entre l’Est et l’Ouest européen. Il s’agira de suivre les frontières historiques aux confins de l’Europe et aux portes de l’Asie, d’y relever les différentes strates culturelles et les relations avec la France. Nous souhaitons également analyser le regard sur cet espace culturel à partir de la France, notamment à travers les mémoires et les représentations, souvent sous-tendues par des visions romantiques, ou par le biais de voyages imaginaires dans un monde disparu. Enfin, quel est l’héritage de la « Semi-Asie » et de ses cultures – yiddish, hébraïques, slaves, autrichiennes… – en France ?

Le colloque sera bilingue français – allemand.

Programme en .pdf ici.