Axes de recherche

Projet scientifique de l'Equipe d'accueil d'Etudes germaniques (EA 1341) pour le contrat quadriennal 2013-2017

 

Thématique A : Cultures, arts et sociétés des pays germanophones XIXe au XXIe siècles (échanges, relations internationales et conflits en Allemagne et en Autriche)

 

Responsables : Valérie Carré (MCF) et Geneviève Humbert-Knitel (PR)

 

Partant des thématiques et travaux développés au cours des précédents quadriennaux au sein de l’Équipe d’accueil 1341 (Études germaniques) sur l’histoire et la mémoire de l’Allemagne et de l’Autriche ainsi que sur l’analyse des ruptures et des crises qui ont marqué ces sociétés dans leur quête identitaire, cet axe se propose de poursuivre et d’approfondir ces problématiques. Les recherches seront menées dans une perspective d’histoire politique, sociale, artistique et culturelle allant du niveau local au niveau international et couvriront les XIXe, XXe et XXIe siècles.

 Les travaux privilégieront l’identité, la mémoire, la gestion des crises, des conflits et des médiations liées aux quêtes identitaires et à l’émergence de nouvelles utopies engendrées par ces bouleversements. Plusieurs aspects peuvent être dégagés :

 

- la problématique identitaire et les politiques qu’elle induit en Allemagne et en Autriche dans la période considérée :

L’identité et la mémoire seront entre autres analysées en termes de quête, de refus et de (re)construction. Les modalités et fonctions de leur affichage et de leur revendication seront examinées, tout comme les interactions, rivalités et transferts qui régissent leurs évolutions. Un intérêt particulier sera porté à leur fonction dans les définitions et perceptions de la nation et dans les phénomènes relevant du nationalisme.

 

- les conflits de différente nature devront être repensés, que ce soit à la périphérie et relevant des relations internationales (« guerre froide », relations austro-allemandes, austro-tchèques, RFA/RDA, etc.), ou au centre. On s'intéressera particulièrement aux conflits marqués par des crises et des ruptures qui ont bouleversé les cadres de la société, engendré une redistribution des rôles des différents acteurs, mené à l'émergence de nouveaux médiateurs ou à la redéfinition des institutions, et qui ont conduit à de nouveaux débats sur la mémoire nationale (mouvements de jeunesse, conflit de générations, mouvements altermondialistes, etc.).

 

- les recherches sur les relations entre l’Autriche et ses voisins d’Europe centrale et orientale seront poursuivies. Les modalités de la/des réactivation(s) du passé ainsi que les enjeux des transferts et médiations culturels dans les débats trans- et internationaux, entre l’Autriche et les pays « voisins » (entre autres la République Tchèque, la Pologne, la Hongrie et la Croatie) resteront les principales problématiques de cette activité de recherche. Il s’agira de multiplier les échelles et les angles d’approche en abordant les déclinaisons supranationales, nationales, locales ou régionales de ces discours et de s’intéresser aux différents acteurs des phénomènes étudiés.

 

- une quatrième dimension sera consacrée à l'étude de la nouvelle « conscience de soi » développée par l'Allemagne, et ce à travers le prisme des relations entre l’artistique et le politique. Le « Modell Deutschland », celui d'une Allemagne contemporaine qui se présente comme économiquement vertueuse et innovante en matière de politique sociale, constitue un cadre inédit pour la production artistique. En l'absence de partition idéologique qui rendent caduques les grilles traditionnelles et trop dichotomiques permettant de lire les rapports entre l’artistique et le politique, un glissement s'opère en effet dans l'objet même de l'art. Celui-ci ne se fait plus le relais des conflits mais réfléchit désormais les modalités d'une construction identitaire fondée sur un principe d'adhésion. On se demandera dans quelle mesure un tel glissement induit ou non des transformations formelles.

 

Les résultats de ces recherches viendront nourrir les enseignements au niveau du Master Recherche ainsi que les séminaires de doctorants.

 

Thématique B : Mondes germaniques – Europe du Nord – Espaces extra-européens

 Responsables : Christine MAILLARD (PR) et Thomas MOHNIKE (MCF)

            L’axe de recherche « Mondes germaniques – Europe du Nord – Espaces extra-européens »  réunit des enseignants-chercheurs dont les travaux portent sur l’histoire culturelle des pays germaniques (Allemagne, Autriche, Suisse) et de l’Europe du Nord (espaces néerlandophone,  scandinaves, Finlande). Les collègues concernés se retrouvent autour d’un intérêt commun pour les problématiques de la mondialisation culturelle, considérée sous l’angle de son développement historique (XVIe-XXIe siècles), et pour l’étude des influences extra-européennes sur les cultures de l’espace germanique et de l’Europe du Nord. Les  résultats du précédent contrat ont conduit les membres de ce nouvel axe à la reformulation de leurs questionnements, qui porteront désormais moins sur les représentations des mondes extra-européens en elles-mêmes, telles qu’elles apparaissent dans les littératures  et produits de la culture, que sur les logiques qui président à la construction de ces mêmes images dans les contextes de leurs circulations, dans un monde de réseaux, de communication et d'imaginations, depuis le XVIe siècle jusqu’à nos jours – mouvement qui s’est fortement accéléré d'abord au XIXe siècle, puis à la fin du XXe siècle. 

 

La question fondamentale qui anime ces recherches sera donc : en quoi les représentations du monde, et des mondes extra-européens en particulier, ont-elles un impact local sur la construction d’images du soi individuel et du soi collectif dans les mondes germaniques et en Europe du Nord ?

 

Ces nouvelles recherches se déclineront en quatre projets, considérés comme particulièrement significatifs pour ces problématiques : 1) interrelations avec l’espace  asiatique, 2) religiosités et mythologies, 3) colonialités, 4) fonction des traductions pour l’ensemble de ces questionnements.

Dans tous ces volets, on s’efforcera de mettre en œuvre une approche contrastive englobant à la fois les pays de langue allemande et ceux de l’espace nordique, dans leur relation à la globalité.

 

Projet 1 : Discours sur l'Extrême-Orient dans les mondes germaniques et en Europe du Nord : arts, cultures et spiritualités

(Responsables : Christine MAILLARD, Aurélie CHONÉ, Thomas MOHNIKE)

 a. Les intellectuels de langue allemande face à l’Asie traditionnelle et à sa modernisation (1890-1945) 

b. Écritures de soi entre Orient et Occident

c. Natures, Nations et Sociétés : résonances mutuelles de représentations de l'Europe du Nord et du Japon.

 

Projet 2. Textes fondateurs – mythes fondateurs

a. Réception des spiritualités asiatiques : le rapport aux textes fondateurs

b. Réécritures des origines nordiques dans la culture populaire contemporaine

c. Mythes du Rhin et aménagement de l'espace


Projet 3. Colonialité et mondialisation

(Responsable : Catherine REPUSSARD)

1) Océanismes

2) Stratégies mémorielles de la colonialité : France-Allemagne

Projet 4. Traduction et médiations culturelles

(Responsables : Pierre DESHUSSES et Wouter van der VEEN)

 

Thématique C : La Région : approches locales et globales

(Responsables : Maryse STAIBER, PR, et Catherine REPUSSARD, MCF, soutenance de la HDR le 4 novembre 2011)

 

Enseignants-chercheurs participant également à cette thématique : Gilles BUSCOT (MCF), Barbara LAFOND (MCF), Jan SCHNEIDER (MCF, HDR)

        

Cette réflexion comprend deux volets qui s’attachent à jeter un nouveau regard sur la question régionale, abordée à travers des perspectives relevant des cultural studies et des postcolonial studies pour souligner la dynamique des interactions et des échanges.

 

Le premier volet s’interroge sur la dimension somme toute globale d’un projet littéraire que l’on confinait jusqu’à présent dans le contexte régional. Dorénavant compris comme l’expression littéraire d’un monde reconfiguré, cette écriture cherche à former une constellation où la langue serait « libéré de son pacte exclusif avec la nation » (Michel Le Bris, Jean Rouaud, collectif, Pour une littérature-monde, Paris, Gallimard, 2007).

Dans la perspective d’un vaste dialogue polyphonique, au-delà de toute prééminence de telle ou telle langue, permettant à cette littérature d’accéder à une dimension globale. Par ce basculement du monde, le regard renversé transforme cette littérature régionale en une « littérature-monde » (Ibid. Voir également David Damrosch, What Is World Literature?, Princeton University Press, 2003).

 

Le second volet s’ancre dans cette même approche visant à décentrer le monde en explorant comment une région spécifique – l’Alsace – est parvenue à se reformuler par le biais de l’expérience coloniale, en transformant, en échangeant, en en important l’apport de l’ailleurs au gré de son appartenance nationale. La spécificité régionale est le résultat d’une synergie du dehors et du dedans, le discours colonial se réaffirmant au fil du temps à partir de sa propre remise en question.

1. La Région entre globalisme et particularismes

2. Alsace(s) coloniale(s) / Alsaces (post)coloniales

 

Thématique D : Axe thématique transversal :

Conscience environnementale et alternatives écologiques dans les mondes germaniques et nordiques du XVIIIe siècle à nos jours

 

Responsables : Aurélie CHONÉ (MCF), Marc CLUET (PR)

 

      

Tous les enseignants-chercheurs de l’équipe sont susceptibles de participer à cette thématique transversale désireuse de rassembler civilisationnistes, spécialistes de l’histoire culturelle et de l’histoire des idées, littéraires, au-delà des sous-disciplines des études germaniques.

 

Depuis les années 1970, les sciences de la culture et de la société témoignent d’une prise de conscience environnementale, c’est-à-dire d’une conscience aiguisée des dangers que l’activité humaine, sous la pression du développement scientifique et technique, fait courir à la biodiversité, voire à la vie elle-même.

 

L’axe envisagé s’inscrit dans cette orientation récente de la recherche et voudrait poursuivre plus particulièrement l’étude des alternatives écologiques suscitées par cette prise de conscience environnementale dans l’aire germanique et nordique, tant au niveau théorique que pratique.

 

Nous proposons une approche à la fois diachronique et synchronique autour de deux sous-axes.

 

1. Approches esthétiques : littérature, productions artistiques et environnement

 

2. Conceptions alternatives de la nature dans l’histoire de la pensée allemande et réalisations concrètes