Le président de la République en visite à l’Université de Strasbourg le 30 janvier 2014

François Hollande a passé quelques heures à Strasbourg le jeudi 30 janvier, essentiellement à l’université : outre les personnalités politiques et universitaires, il a mis à profit cette visite pour rencontrer les prix Nobel Jean-Marie Lehn et Martin Karplus, et des étudiants inscrits dans des cursus de formation franco-allemands.


A l’Institut de science et d’ingénierie supramoléculaire (Isis)

9h25. Alain Beretz et Jean-Marie Lehn sont en pleine discussion dans l’entrée de l’Isis avant l’arrivée de François Hollande. Les journalistes pour certains à l’intérieur et d’autres à l’extérieur attendent également la venue du président.

9h30. Le cortège arrive. C’est Alain Beretz, président de l’Université de Strasbourg qui accueille le chef de l’Etat également accompagné de Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.


Francçois Hollande dans le bâtiment Isis

Toutes les personnalités présentes pénètrent rapidement dans l’Isis où se déroule pendant plus d’une demi-heure un échange à huis clos avec le professeur Jean-Marie Lehn, prix Nobel de chimie et chercheur à l’Université de Strasbourg, et le professeur Martin Karplus, également prix Nobel de chimie et chercheur conventionné à l’Unistra. On ne doute pas qu’ils ont parlé d’une des passions de Martin Karplus, la photographie, mais qu’ils ont surtout abordé des questions plus sérieuses sur les enjeux de la recherche mondiale et dans l’Université de Strasbourg.

Le chef de l’Etat est ensuite allé à la rencontre des chercheurs au sein de différents laboratoires et start-up de l’Institut.

10h35. L’amphithéâtre de l’ISIS est comble. Tout le dispositif technique est en place pour accueillir le président et retransmettre en direct son intervention sur le web. Un dernier petit coup d’oeil sur un smartphone et les réseaux sociaux indiquent que la venue du chef de l’état à l’Université ne laisse aucunement indifférent.  Ce n’est pas la cinquantaine de journalistes présents qui diront le contraire.

10h40. Le chef de l’état fait son entrée, l’ensemble de la salle se lève. Son allocution va durer un peu plus de dix minutes. Il revient sur ses différentes rencontres du matin avec les deux prix Nobel Martin Karplus et Jean-Marie Lehn et sur sa visite des entreprises Domain therapeutics et Inoviem qui se sont développées à l’Université de Strasbourg. Il abordera ensuite plusieurs thèmes comme celui des coopérations entre les universités, les organismes et les entreprises.  « Je voulais aussi venir ici pour saluer l’université, parce qu’elle a été capable de convaincre les plus éminents de venir travailler, mais aussi les plus jeune de prendre la responsabilité de poursuivre leurs études, leurs travaux.[…]Vous êtes une grande université, non pas uniquement française, non pas simplement européenne mais une grande université mondiale », a conclu le président.

"La recherche : un investissement d'avenir" intervention de François Hollande

Au Palais Universitaire

10h. Les alentours du Palais universitaire sont encore très calmes malgré l’impressionnant déploiement de barrières de sécurité et la présence des forces de sécurité habituel pour toute visite d’Etat de ce niveau. Les accès au bâtiment sont filtrés, bien que le président ne soit pas attendu sur ce site avant 11h. Une fois passés le portail de sécurité magnétique, le contrôle des chiens policiers (détecteurs d’explosifs ?), les contrôles d’identité…ouf, on accède enfin à l’aula du Palais, encore assez vide à cette heure.

François Hollande, accompagné de Geneviève Fioraso, doit participer à une table-ronde consacrée aux enjeux des cursus « franco-allemands », assez spécifiques à l’Université de Strasbourg. 12 étudiants venus d’horizons disciplinaires très divers, mais tous inscrits dans un de ces cursus, ainsi que des représentants du monde universitaire français et allemand, y échangeront avec le président et la ministre. Pour les étudiants, l’exercice est inhabituel, et vaguement intimidant. «Je ne suis pas stressée, mais impressionnée, oui. En même temps, je le vis comme une expérience exceptionnelle», raconte Anne Capano, étudiante en 3e année de licence de sciences de la vie. Elle est revenue de Sarrebruck, où elle étudie actuellement (phase allemande de sa formation binationale), pour tenir le rôle de modérateur de la table-ronde. Une responsabilité…

«L’idée que je voudrais faire passer dans mon intervention, c’est tout l’intérêt que représentent les cursus binationaux pour la recherche, explique de son côté Raphaël de Winj, lui aussi en cursus franco-allemand en sciences de la vie, mais en première année de Master. Je me destine à une carrière de chercheur et je pense que pour faire progresser la recherche, il peut être très efficace de travailler avec des laboratoires allemands et suisses». De son côté, Ilse Hilbold, doctorante en sciences historiques, explique qu’elle a le sentiment de participer à «un événement très intéressant : chacun a dû préparer des questions sur l’interculturalité, nos motivations pour se lancer dans de tels parcours. Je suis très curieuse de ce qui va se dire et me demande si François Hollande va faire des déclarations.»

11h20. l’aula du Palais U est bien remplie, cette fois. De nombreuses personnalités politiques et universitaires sont arrivées. Le président de la République se fait attendre, son passage à l’Isis ayant duré plus longtemps que prévu. Il faut dire que rencontrer deux prix Nobel de chimie ne doit pas lui arriver tous les jours.

11h50. Un grand silence se fait dans la salle à l’approche de la délégation présidentielle. Comme quoi, la visite d’un président de la République recèle toujours une solennité à laquelle on n’échappe pas… Le président fait un arrêt devant la plaque commémorative des rafles de 1943, puis après avoir salué quelques personnalités, il rejoint la table-ronde.

Sous la houlette d’Anne Capano, les étudiants en cursus franco-allemand se présentent à tour de rôle, expliquent le choix qu’ils ont fait de cette filière binationale, ses bons et ses –quelques- mauvais côtés. Tous soulignent l’enrichissement personnel que leur apporte l’acquisition de cette biculturalité.

Le président Hollande salue « les jeunes allemands, les jeunes français, qui se sont engagés dans ce cursus, et qui peuvent montrer l’exemple de ce que l’université, lorsqu’elle sait dialoguer avec les autres, est capable de faire. » Il rappelle que malgré les programmes d’échange, et les institutions franco-allemandes qui doivent les faciliter, les échanges d’étudiants entre les deux pays sont modestes : 8000 étudiants allemands en France, 6000 étudiants français en Allemagne. « Nous pouvons donc aller beaucoup plus loin dans les échanges universitaires. L’idée pourrait être de créer un campus européen, ici, à Strasbourg. » Une belle idée, que le président de la République a promis d’évoquer lors d’une prochaine rencontre avec le gouvernement allemand en février. Une affaire à suivre…

12h45 : le Président et les personnalités présentes quittent le Palais U pour poursuivre leur visite strasbourgeoise à l’Ircad (Institut de recherche contre les cancers de l’appareil digestif). C’est l’heure de ranger les chaises et de rendre le Palais U à sa vocation universitaire.

Frédéric Zinck, Caroline Laplane et Floriane Andrey


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