« Les chaires et Unitwin Unesco-Unistra, un label d’excellence »

De gauche à droite et de haut en bas : Daniel Janicot, président de la Commission nationale française pour l’Unesco ; Philippe Viallon (chaire « Pratiques journalistiques et médiatiques ») ; Eric Fogarassy et Paul Siffert (chaire « Sciences et ingénierie des matériaux : énergie, environnement, santé ») ; Pierre Collet (Unitwin « Campus numérique des systèmes complexes »).

29/01/16

Trois questions à Daniel Janicot, président de la Commission nationale française pour l’Unesco.

Combien l’Université de Strasbourg compte-elle de chaires Unesco ?

À l’heure actuelle, l’Université de Strasbourg compte deux chaires Unesco : la plus ancienne, « Pratiques journalistiques et médiatiques »1, remonte à 2007. La seconde, « Sciences et ingénierie des matériaux : énergie, environnement, santé »2, est plus récente : elle a été créée en 2014. Enfin, la troisième est un peu à part : cette chaire « Campus numérique des systèmes complexes »3 est co-portée par les universités de Strasbourg et du Havre. Raison pour laquelle elle fait partie du réseau Unitwin.
On le voit, ces chaires ont pour caractéristique la pluridisciplinarité : environnement, santé, énergie, patrimoine culturel, éducation, numérique... Autant de thématiques qui correspondent aux domaines d’action de l’Unesco : il s’agit donc logiquement d’un critère de sélection. La volonté de coopération internationale et de partenariat avec le Sud, la capacité à remplir la fonction de laboratoire d’idées, à promouvoir l’échange d’étudiants et de jeunes chercheurs, l’adossement à un projet concret sont également pris en compte.

Qu’apporte une telle reconnaissance aux porteurs de chaires et à leurs équipes ?

Il s’agit d’un véritable label d’excellence, qui peut agir comme un levier décisif au moment de la recherche de financements ou la conclusion de partenariats académiques. Des noms très prestigieux sont associés aux chaires Unesco : nous venons de créer une chaire internationale Bernard-Maris, du nom de l’économiste qui a perdu la vie dans l’attentat contre Charlie, portée par Michel Wieviorka et intitulée « Économie et société ». Une dimension est encore amenée à se développer ! L’activité de ces chaires est aussi appelée à se diffuser en direction du grand public, notamment au travers de Moocs (cours en ligne).
À ce titre, les chaires et Unitwin Unesco sont indissociables du rôle de liaison joué par la Commission nationale française pour l’Unesco, à la fois promoteur de l’action de l’Unesco et porteur de la voix de la France et de son influence au sein de cette institution de dimension internationale mais, ne l’oublions pas, basée à Paris.

Peut-on envisager que de nouvelles chaires soient labellisées à l’Unistra ?

L’Université de Strasbourg en compte trois : c’est déjà beaucoup à l’échelle d’une université, et à celle de la France, qui en compte 35. Et au niveau mondial, le programme rassemble près de 1 000 établissements, dans 126 pays, ce qui en fait l’un des plus importants. Cependant, pour sa pérennité, il n’a pas vocation à s’étendre indéfiniment. Environ la moitié des dossiers que nous recevons sont retenus. Et, élément important : une chaire Unesco n’a pas vocation à être pérenne. Elle doit se dissoudre ou se transformer une fois son objectif atteint.

Propos recueillis par Elsa Collobert

 

1 Porteur de la chaire : Philippe Viallon, professeur des universités.
2 Porteurs de la chaire : Paul Siffert, directeur de recherches CNRS, et Eric Fogarassy, directeur de recherches CNRS.
3 Porteurs de la chaire : Pierre Collet (Université de Strasbourg) et Cyril Bertelle (Université du Havre).