Dans les coulisses de Ma thèse en 180 secondes

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20/03/17

Ils sont 24 cette année à s’être lancés dans l’aventure. Pour relever le défi de résumer en trois minutes chrono des mois – parfois des années – de recherche, ils sont coachés, formés et conseillés par une équipe de pros. Reportage à moins d’un mois de l’échéance.

« Pour vous habituer au micro, entraînez-vous devant votre miroir, avec une brosse à cheveux ! » « Fais attention, on n’entend pas la fin de tes phrases. » « Va plus loin avec cette métaphore, assume jusqu’au bout ! » En quatre participations à Ma thèse en 180 secondes (MT180) côté organisation, Natacha Toussaint, médiatrice scientifique au Jardin des sciences, a pris l’habitude d’identifier points forts à travailler et petits défauts des candidats. Ce lundi 13 mars, ils sont 24 à être réunis pour une demi-journée de formation, répartis par petits groupes, qui en séance photo, qui à la rédaction d’une mini-autobiographie, qui en répétition face caméra.

« Éviter le formatage »

Camille, en première année de doctorat (sciences de la Terre), vient de se prêter à l’exercice : un « bip » stressant qui retentit, et c’est parti pour trois minutes condensant un travail de recherche de longue haleine à sa substantifique moelle. Pendant cette course contre la montre, anecdotes personnelles, traits d’humour et éléments de science didactique sont savamment dosés. Et gare au trou de mémoire ! « Je suis une trembleuse ! » analyse Camille une fois la caméra éteinte, le souffle un peu court. « Ne t’inquiète pas, on ne voit pas ton tremblement, et tu as une façon souriante de présenter les choses qui marche bien », la rassure Alexandre Taesch. Le comédien et metteur en scène fait lui aussi partie de l’équipe de « préparateurs » depuis la première édition de 2014.
À ses côtés, quatre médiateurs scientifiques du Jardin des sciences, ainsi que Céline Delalex, responsable communication de la délégation Alsace du CNRS, co-organisateur de la manifestation au niveau national*. Amandine Duluard, l’une d’entre eux, explique : « La formation avait jusqu’ici le défaut d’un peu trop formater les candidats. Nous l’avons faite évoluer : c’est en exprimant leur personnalité qu’ils ont le plus de chances de sortir du lot ». Le debriefing passé, les apprentis vulgarisateurs ont le choix d’analyser seuls leur prestation vidéo, qui leur sera envoyée.

Termes difficiles et mots-pièges

Trois semaines plus tôt, le Jardin des sciences leur a proposé une journée de formation destinée à « cerner le message qu’ils souhaitent faire passer dans leur présentation, esquisser un plan et une accroche, poser leur voix et travailler leur diction ». Mais aussi « à identifier les termes difficiles et les mot-pièges de leur présentation, dont ils n’ont eux-mêmes souvent pas conscience ». Des mots comme « faille [sismique], neutrons, réaction [chimique] », expliquent Stéphanie (sciences de la vie et de la santé) et Halima (physique), qui font partie du même groupe de Camille. « On les utilise tellement au quotidien qu’on ne se rend même plus compte que leur sens n’est pas évident pour des néophytes ! »
C’est justement pour sortie de ce vase clos qu’elles ont décidé de participer à MT180 secondes. « C’est un défi personnel pour apprendre à gérer mon stress. Et aussi me permettre de trouver des mots pour partager ma thèse avec mon entourage : pour le moment je m’entraîne devant mes enfants. À 7 et 8 ans, ils ne sont pas très objectifs et trouvent super tout ce que je raconte ! » sourie Halima, dont la thèse traite de radiothérapie. « Et puis, ça nous sort de notre quotidien et de notre discipline, on découvre d’autres façons de fonctionner », ajoute Stéphanie.
Les échanges se poursuivent dans le couloir entre candidats une fois la pause arrivée. Toutes s’étonnent avec admiration quand elles apprennent que Camille a dessiné elle-même la diapositive-support de sa présentation. « On ne se voit vraiment pas comme des concurrentes ! » insiste Myriam, en troisième année de thèse en génétique moléculaire. « Même si ça me plairait quand même bien de gagner », glisse Stéphanie. Première échéances pour les candidats : ce lundi 20 mars. Une première sélection déterminera lesquels d’entre eux participeront à la finale régionale.

Elsa Collobert

  • Finale régionale de Ma thèse en 180 secondes**, jeudi 6 avril, de 18 h 30 à 21 h, amphithéâtre Cavaillès, entrée libre. Entrée dès 17 h 30 en raison d'un dispositif de sécurité renforcé. Entracte avec encas salés, sucrés et boissons.

* Aux côtés de la Conférence des présidents d'université (CPU)
** Organisée par le Jardin des sciences de l’Université de Strasbourg et la délégation régionale du CNRS