Lancement des travaux de la commission historique sur les recherches de la faculté de médecine de la Reichsuniversität Strasbourg

Le fronton de l'Institut d'anatomie.

07/07/17

Sur proposition de l’ancien président de l’Université de Strasbourg, Alain Beretz et du président actuel Michel Deneken, l’Université de Strasbourg a décidé le 27 septembre 2016 de constituer une commission historique pour investiguer sur l’histoire de la Faculté de médecine de la Reichsuniversität Strasbourg (RUS). Cette commission est internationale dans sa composition et son statut. Elle mène ses recherches sur la période allant de 1941 à 1944, ainsi que sur des périodes antérieures et ultérieures.

La commission évalue toutes les collections médicales de l’Université de Strasbourg pour s’assurer qu’il ne reste plus de spécimens de victimes du national socialisme. En raison du rôle qu’il a joué dans la constitution de la collection des squelettes juifs et dans d’autres recherches sur les victimes des nazis, l’Institut d’anatomie et son histoire bénéficient d’une attention particulière. D’autres instituts clés font aussi l’objet des recherches de la commission : pathologie, psychiatrie et chirurgie.

 La Commission mène des recherches objectives et impartiales sur la Faculté de médecine de la Reichsuniversität dans le contexte du pouvoir du système nazi et de la période d’après-guerre. L’équipe de la commission est renforcée par Gabriele Moser, chercheuse postdoctorale, pendant 3 ans à temps plein, et un(e) doctorant(e) en cours de recrutement. Deux autres supports doctoraux sont en attente de financement. L’Université de Strasbourg finance le fonctionnement de la commission (administratif, technique, missions …) et le contrat posdoctoral. Le Ministère de l’enseignement supérieur de la recherche et de l’innovation finance un contrat doctoral pour 3 ans.

 Composition :

5 experts externes à l’Université de Strasbourg

  • Hans Joachim Lang, Anthropologie culturelle, Université de Tübingen ;
  • Volker Roelcke, histoire de la médecine, directeur de l’Institut d’histoire de la médecine, Université de Giessen ;
  • Carola Sachse, histoire contemporaine, Université de Vienne ;
  • Florian Schmaltz, histoire contemporaine et histoire des sciences, Marx Planck pour l’histoire des sciences, Berlin ;
  • Paul Weindling, histoire de la médecine, Université Oxford Brooks et membre de l’Académie allemande des sciences, Leopoldina.

5 experts de l’Université de Strasbourg

  • Christian Bonah, histoire des sciences de la vie et de la santé, Université de Strasbourg ;
  • Jean-Marie Le minor, anatomie, Université de Strasbourg ;
  • Catherine Maurer, histoire contemporaine, Université de Strasbourg ;
  • Jean-Sébastien Raul, médecine légale, directeur de l’Institut de médecine légale, Université de Strasbourg ;
  • Norbert Schappacher, histoire des mathématiques, Université de Strasbourg.

2 experts extérieurs

  • Frédérique Neau-Dufour, directrice du Centre européen des résistants déportés, Natzwiller,
  • Raphaël Toledano, chercheur indépendant, Strasbourg.

La commission est présidée par Paul Weindling et Florian Schmaltz. Ils ont été élus par les membres de la commission lors de sa première réunion le 27 septembre 2016. Ces deux spécialistes ainsi que les cinq membres internationaux de la Commission ne sont pas rattachés à l’Université de Strasbourg garantissant ainsi l’indépendance de la Commission.

  • L’agenda des recherches de la commission inclut :
  • L’activité politique et scientifique des membres de la Reichsuniversität (1941-1944);
  • Les liens de la Reichsuniversität avec le camp de concentration de Natzweiler- Struthof ;
  • L’implication des SS et d’autres agences, incluant la Fondation allemande pour la recherche (Deutsche Forschungsgemeinschaft) en tant que soutient des recherches à la Reichsuniversität ;
  • L’identification des victimes de recherche, pratiques administrative et médicales et de persécutions qui ont eu lieu à la Reichsuniversität, tout particulièrement pour beaucoup de victimes juives et Roms ;
  • Le personnel et les étudiants de la Reichsuniversität ;
  • L’identification des restes humains produits par la Reichsuniversität, et leur utilisation pour l’enseignement et la recherche ;
  • Le transfert des collections et l’évacuation du personnel à la fin de la guerre, et les suites d’après-guerre ;
  • L’impact à long terme et la représentation des activités de la Faculté de médecine de la Reichsuniversität après 1945, ainsi que les continuités et discontinuités entre la Reichsuniversität et l’Université de Strasbourg.