Collectif X : à la recherche de l’ADN de la ville de Strasbourg

Chœur public et mur des 100 définitions, mardi 23 janvier, au Patio. Crédit : Suac/Théo Schmitt

26/01/18

Mur des 100 définitions et chœur public ont marqué le lancement de la résidence du Collectif X à l’Université de Strasbourg, mardi 23 janvier. Les comédiens investiront le campus du 5 au 16 février, avec pour ambition de dresser un portrait collaboratif de la ville.

Solennelles, déjantées, lyriques ou terre-à-terre, signées Wikipédia ou Charles de Gaulle en passant par René Char ou des inconnus : 100 définitions de la ville de Strasbourg ont été déclamées, mardi 23 janvier, par un chœur public réuni face à l’entrée du Patio.
Morceaux choisis : « 2. Wikipédia : Strasbourg est l’une des seules villes au monde à être le siège d’organisations internationales sans être la capitale d’un pays. » « 7. Victor Hugo : J’ai vu Chartres, j’ai vu Anvers, il me fallait Strasbourg ! » « 55. Jacqueline : Strasbourg, petit ghetto de Noël ! »
Cette proposition, qui interpelle ou déroute les usagers du campus – c’est le but – émane du Collectif X. À Saint-Étienne (leur ville d'origine), Villeurbanne, Bion ou Manosque, où des résidences sur le même modèle ont ou vont être menées, « l’objectif est à chaque fois le même : changer le regard sur la ville, en recueillant les visions et les usages de ses habitants, permanents et de passage », explique François Gorrissen, l’un des comédiens du Collectif X, où se mêlent artistes et urbanistes.

L’université, un collectif ?

« Ce qui nous a intéressés dans sa démarche, outre sa double approche théâtrale et scientifique, c’est la manière dont Collectif X propose d’explorer l’université en tant que collectif », souligne Sylvain Diaz, directeur du Service universitaire de l’action culturelle (Suac)*. « Cette notion est en effet le fil rouge de notre programmation de cette année, avec par exemple la résidence Petrol portée par les autres universités du Grand Est », ajoute l’enseignant-chercheur en théâtre.
« Nos résidences sont toujours articulées autour de cinq protocoles : chœur public, controverses théâtralisées, entretiens, balades dans la ville, débouchant à la fin sur une restitution théâtrale », détaille François Gorrissen. À l’Université de Strasbourg, rendez-vous est donné pour des répétitions participatives tous les soirs à partir de 18 h, du 5 au 16 février (excepté le week-end), les soirées des 15 et 16 février étant consacrées au spectacle.
Avant l’installation du Collectif X entre les murs du Patio, les 100 définitions sont affichées sur le mur de l’amphithéâtre Cavaillès, d’aujourd’hui jusqu’à la fin de la résidence. À compléter à l’envi par ses propres réflexions et bons mots, sur des post-it mis à disposition. « Il nous a semblé important de laisser ce temps d’appropriation de la démarche, sans que nous intervenions », justifie François Gorrissen.
À lire et entendre la dernière de ces 100 définitions - « Strasbourg existe puisque nous disons tous ensemble "Strasbourg" ! » - on a hâte de voir la suite !

* Le Suac porte le projet aux côtés du service des bibliothèques, du Service de la vie universitaire (SVU) et du Crous, qui bénéficie de financements Idex et Crous.