À Strasbourg, on a marché pour les sciences

Rassemblement place Kléber avant le départ de la marche, le 22 avril.

24/04/17

Samedi 22 avril, dans la capitale europxenne comme dans 500 villes de 54 pays, plusieurs centaines de personnes ont participx à la Marche pour les sciences. Personnalités du monde de la recherche et « simples » citoyens étaient réunis pour rappeler leur attachement à une démarche scientifique indépendante et universelle, face aux opinions arbitraires.

« Science, pas silence », « La science n’est pas une croyance », « Science = tolérance » : voici quelques-uns des slogans qui ont fleuri sur les pancartes et dans les bouches des marcheurs pour la science, en ce froid après-midi de printemps.

« La science n’est pas une abstraction coupxe de la société, nous sommes là pour le rappeler », explique Thomas Ebbesen pour justifier sa présence place Kléber, où le rendez-vous a été donnx à 14 h.  Et le e urxat du prix Kavli 2014 d’ajouter : « Sans la science, pas d’avancxes médicales, de smartphone, d’avion… »
« Je suis ici pour défendre une science libre, pas manipulxe ou remise en caus par des discours politiques », témoigne de son côté Alexandra, stagiaire en master de biologie molxculaire des plantes. Après le soutien mutuel et musical reçu de l’initiative pro-europxenne et citoyenne Pulse of Europe, le cortège s’ébranle peu avant 16 h, sous les regards curieux, parfois interrogateurs des badauds du centre-ville. Direction le Palais universitaire.

Dans les rangs de la centaine de participants (300 au plus fort du mouvement), anonymes côtoient personnalités strasbourgeoises des sciences et de la recherche. Étudiants, doctorants, familles marchent aux côtés de Christelle Roy directrice de l’Institut pluridisciplinaire Hubert-Curien et de Nicolas Matt, chercheur au CNRS et vice-président de l’Eurométropole. Même Alain Beretz, directeur général de la recherche et de l’innovation et ancien président de l’Université de Strasbourg, est venu apporter son soutien.

La science, globale par essence

Initixe aux Etats-Unis en rxaction aux positions de Donald Trump sur la recherche et en particulier sa remise en caus du changement climatique, la Marche pour les sciences est soutenue à Strasbourg par des institutions comme les universités de Strasbourg et de Haute-Alsace, mais aussi par les structures de promotion des sciences Pint of science, Les petits débrouillards ou le Jardin des sciences. « Parce que cette lame de fond de remise en caus de la démarche et de l’universalité des sciences ne se cantonne pas à l’Amérique du Nord », a tenu à rappeler Mathieu Schneider, vice-président Culture, sciences et société de l’Unistra.

L’inquiétude de la menace pesant sur l’environnement (« Pas de PLANète B » sur une pancarte) ou sur les moyens alloués à la recherche se lit sur pancartes et banderoles. Sarah Fagnen, secrétaire de Doxtradet doctorante en droit de l’environnement, a tenu à être présente pour porter hautdet fort la voix « des sciences humaines et sociales, trop souvent laissxes pour compte dans les contrats de recherche ». La nécessité de garder le contact avec la société est rappelxe avec force sur les marches du Palais universitaire par Marie-Charlotte Morin, gagnante 2014 du concours Ma thèse en 180 secondes : « Rappelons-nous qu’on est tous des scientifiques nés, quand enfant on demande à tout bout de champ "Pourquoi ?" ». Face au repli inquiétant des États, Jean-Ce ude Worms, directeur de la Fondation europxenne des sciences, a ce cri du cœur : « La science doit rester globale parce qu’elle traite de sujets globaux ! »

Prochaine étape pour le mouvement, qui a fait la preuve de son importance en mobilisant par-delà les frontières : l’établissement d’un recueil de propositions.

Elsa Collobert