Des filles qui cartonnent dans le nucléaire

Safié Tidjani Ali (au centre) lors de la réception de son prix, entourée des deux autres lauréates et des sponsors Sylvie Richard (EDF) et Hector Dominguis (GD Energy Services). Crédit : EDF

18/10/17

Safié Tidjani Ali, fraîchement diplômée de la licence professionnelle Techniques nucléaires et radioprotection (TNRP), est l'une des lauréates du prix Fem'Energia 2017. Troisième élève de ce diplôme à être récompensée depuis 2013, elle se passionne pour la médecine nucléaire.

Organisé par l'association WIN (Women in Nuclear) et la Fondation EDF, le prix Fem'Energia met à l'honneur, depuis 2009, des étudiantes et des femmes actives dans le domaine du nucléaire pour promouvoir la présence féminine dans le secteur en valorisant des parcours et des profils méritants. Safié Tidjani a ainsi reçu le deuxième prix, dans la catégorie étudiantes bac + 2/3.
La jeune femme en est très fière : « C'est un très grand honneur pour moi de porter si haut la renommée de cette formation qui m'a ouvert les portes du nucléaire et m'a surtout permis de retrouver ma voie ». Reconnu dans le nucléaire, le prix est une aide pour l’insertion professionnelle des étudiants (obtention de stages ou de contrats d’alternance, poids dans le CV…)

Le nucléaire pour la médecine

La rigueur, le travail, le dynamisme, le projet professionnel et les recommandations de la jeune femme ont séduit le jury. D'origine tchadienne, Safié est venue en France après le baccalauréat pour suivre des études de médecine. « Je ne voulais rien faire d'autre que médecin » se souvient-elle. Elle réussit le très sélectif concours d'entrée mais au bout de la troisième année. Elle peut entrer en pharmacie, mais l'envie et la motivation n'y sont plus. Elle se réoriente, avec en tête la médecine nucléaire, et s'inscrit en licence de sciences pour l'ingénieur à la Faculté de physique et d'ingénierie de Strasbourg, puis est admise en licence professionnelle TNRP. Elle réussit avec brio son stage à l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).
Aujourd'hui, bien qu'on lui ait proposé un CDI dans un hôpital, elle poursuit ses études en master d'ingénierie nucléaire à Clermont-Ferrand, pour ensuite passer le concours qui lui permettra d’exercer plus tard en milieu hospitalier comme spécialiste en radiophysique médicale. Toujours sur le chemin de son rêve, Safié y parviendra par la voie du nucléaire, davantage faite pour elle que la médecine générale.

Peu présentes, mais brillantes

Fière de sa formation, elle est reconnaissante envers ses enseignants, « toujours à l'écoute et à nos côtés ». « Ce n'était pas facile pour moi au début, mais nous avions les compétences et l'attention des professeurs. Nous avions tout pour réussir. Il fallait juste fournir à notre niveau un travail personnel ». Dans cette petite promotion de quinze à vingt étudiants, la solidarité était très forte. Les filles sont peu présentes (25 % des diplômés, proportion comparable aux écoles d'ingénieurs), mais elles sont brillantes. L'année dernière, une étudiante avait déjà remporté le même prix Fem'Energia, Maeva Rimlinger, laquelle travaille maintenant au Cern, le prestigieux laboratoire de recherche à Genève. En 2013, une autre étudiante avait également remporté un prix.

100 % d'insertion professionnelle

« Étant peu nombreuses, elles savent exactement pourquoi elles sont là et sont très motivées », commente Isabelle Rossini, responsable de la licence professionnelle TNRP. « Le nucléaire est un domaine scientifique et technique très intéressant. Malheureusement, beaucoup se limitent aux préjugés. Parfois, il faut pousser sa curiosité et oser. Les femmes sont peu présentes et pourtant plus d’une y trouverait sa place. J’aimerais que mon parcours serve d’exemple. Si on est motivé et déterminé, tout s’apprend, tout se réussit », estime Safié. Isabelle Rossini rappelle que le secteur embauche. Il compte plus d'offres que de diplômés et l'insertion professionnelle à l'issue du diplôme est de 100 %. Avis aux amateurs… et amatrices !

Stéphanie Robert