Portrait d'alumni - Sylvie Caccia Chetcuti : l’éthique pharmaceutique

03/03/17

Diplômée en droit des affaires de la Faculté de droit de Strasbourg, Sylvie Caccia Chetcuti est dotée d’une appétence pour les sciences et l’innovation qui l’a conduite aux laboratoires Roche, l’un des leaders pharmaceutiques mondiaux. Elle y mène sa carrière depuis 16 ans en transmettant sa vision à son équipe.

Responsable du service juridique des produits Roche, puis directrice juridique, Sylvie Caccia Chetcuti a évolué au sein de la société en engrangeant davantage de responsabilités au fil des ans, notamment la compliance. Un anglicisme pour désigner les codes de conduite relevant de l’éthique, qui vont au-delà de la règle de droit et font partie de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises (RSE).

Levier de performance

« On essaie d’intégrer la compliance dans l’ADN de tous les collaborateurs. Quand on est premier sur certains marchés, comme celui des médicaments en oncologie, on se doit d’avoir un comportement éthique irréprochable. Mon travail consiste à atteindre cette perfection et à en faire un levier de performance. » Cette mission se rapproche davantage du management que du juridique. La juriste est à la tête de plusieurs équipes (juridique, audit et risques, compliance, environnement de travail), au total 38 personnes. « Mon équipe est jeune, je m’en inspire beaucoup. Je suis à l’écoute des nouvelles technologies, avec le numérique, le big data… L’innovation donne beaucoup de sens à mon travail » confie-t-elle.

Ce goût pour l’innovation lui vient de sa première expérience professionnelle, chez Socomec, à l’issue de son master. « Je remercie cette société alsacienne qui m’a donné le goût d’aller chercher d’autres voies. Ce sont de grands inventeurs avec une formidable envie d’entreprendre. C’est exceptionnel de travailler dans de telles sociétés. »

Le DJCE : « la chance de ma vie »

Etudiante, le droit n'était pas sa vocation première, elle le voyait d’abord comme un moyen d’enrichir sa culture générale pour intégrer Sciences Po ou une école de commerce. « Et puis, à Strasbourg, j’ai découvert le droit des obligations, les contrats. C’était magique. La voie était ouverte. » Elle intègre la première promotion du diplôme de juriste conseil d'entreprise (DJCE) en 1986. « C’était la chance de ma vie. J’ai eu des professeurs exceptionnels : Jean-Jacques Burst, maître incontesté de la marque et du brevet, Jean-Marc Mousseron, le pape du contrat, ou Dominique Schmidt, avocat et professeur, qui m'a transmis le virus du droit des affaires. Des personnes lumineuses. Je remercie la Faculté de droit de Strasbourg ».

Mécénat

Ces « riches » années sont la source de son attachement à l’Université. « J’ai toujours mon cœur à Strasbourg » dit-elle avec chaleur. « D’ailleurs, j’ai recruté beaucoup de Strasbourgeois, des juristes qui ont, comme moi, cette forte appétence pour les affaires, la science et l’innovation. Et j’en suis très satisfaite. » La directrice est aussi à l’origine du mécénat de Roche avec la Fondation Université de Strasbourg pour les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, né il y a deux ans pour développer les projets de recherche transnationale en médecine personnalisée. Une manière sans doute de rendre à l’Université ce qu’elle lui a donné.

Stéphanie Robert